Offensive énergétique: L’Algérie mise sur l’Afrique pour bâtir sa souveraineté régionale

L’Algérie intensifie son déploiement stratégique dans le secteur énergétique africain, portée par une vision ambitieuse d’intégration régionale et d’attractivité économique. Invité ce lundi à la Radio algérienne, Miloud Medjelled, directeur de la Prospective au ministère des Hydrocarbures et des Mines, a affirmé que «l’avenir est en Afrique», soulignant le rôle moteur que l’Algérie entend jouer dans le développement énergétique du continent.
Il a rappelé qu’à ce jour, plus de 600 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité et plus de 300 millions restent privés d’autres sources d’énergie, un déficit qui ouvre de vastes perspectives pour les partenariats, les investissements et les transferts de savoir-faire.
Pour le convive de l’émission «L’invité du jour» de la radio Chaîne 3, la loi 19/13 constitue un levier essentiel pour attirer les investisseurs étrangers, grâce à un cadre juridique clair, un système fiscal incitatif et la mise en place d’un guichet unique. «L’Algérie est attractive. Nous sommes à la fois aux portes du marché européen et au cœur d’un marché africain de plus d’un milliard d’habitants. Les opportunités dans l’électricité, la distribution et les chaînes de valeur énergétiques sont considérables», a-t-il déclaré.
Cette intervention intervient alors que s’ouvre à Oran la 13ᵉ édition du Salon international NAPEC, le plus grand rendez-vous pétrolier et gazier de la Méditerranée, consacré aux enjeux de la transition énergétique, de la décarbonation, de l’intelligence artificielle et des énergies renouvelables.
Selon M. Medjelled, la présence de grandes compagnies internationales telles que Sinopec augure de négociations stratégiques et d’échanges de haut niveau pour renforcer les coopérations dans le domaine des hydrocarbures. Il a également évoqué plusieurs projets à forte valeur ajoutée, citant notamment la production de cinq millions de tonnes d’hydrocarbures à Hassi Messaoud, comme preuve de la volonté algérienne de moderniser et diversifier son secteur.
Enfin, il a salué la récente décision de l’OPEP+ d’augmenter la production mondiale de 137 000 barils par jour, dont 4 000 pour l’Algérie, qu’il considère comme une approche prudente et équilibrée visant à préserver la stabilité du marché pétrolier tout en maintenant la flexibilité nécessaire face aux fluctuations économiques mondiales .
F. B.