Al’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les dernières statistiques de l’immigration placent la communauté algérienne au cœur des enjeux électoraux en France. Première composante de l’immigration hexagonale avec près de 890 600 personnes, elle représente désormais une force politique avec laquelle les candidats doivent compter.
Les chiffres du ministère français de l’Intérieur sont éloquents : les Algériens constituent 12,2% de l’ensemble des immigrés résidant en France, et 53% des titres de séjour qui leur sont délivrés le sont dans le cadre du regroupement familial, preuve de l’ancrage profond de cette communauté dans le tissu social français. Avec 384 000 nouveaux titres de séjour accordés en 2025, en hausse de 11%, la présence maghrébine ne cesse de se renforcer.
Cette réalité démographique se traduit dans les urnes. À Marseille, Lyon, dans les banlieues parisiennes ou à Lille, les Français d’origine algérienne forment des poches électorales considérables, capables de faire basculer un scrutin. Historiquement ancrée à gauche, cette communauté observe avec attention les programmes des candidats, particulièrement sur les questions de logement social, de rénovation urbaine et de lutte contre les discriminations.
La campagne actuelle est marquée par une instrumentalisation sans précédent de la question migratoire, l’extrême droite exploitant les tensions diplomatiques entre Paris et Alger pour attiser ce qu’il est convenu d’appeler l’«algérophobie». Face à ces attaques, la communauté algérienne semble décidée à répondre par les urnes. De plus en plus de candidats issus de l’immigration algérienne figurent sur les listes municipales, particulièrement dans les quartiers populaires où les deuxième et troisième générations s’investissent davantage. Dans un climat politique tendu, la participation électorale des Français d’origine algérienne apparaît comme le meilleur rempart contre l’instrumentalisation et la meilleure façon de défendre des intérêts concrets liés à l’amélioration du cadre de vie dans les villes et les quartiers.
Lotfi A.
Municipales en France:La communauté algérienne, un poids électoral décisif
