C’est un recadrage qui ne souffre d’aucune ambigüité qu’a dressé le représentant du Front Polisario auprès des Nations Unies et coordinateur auprès de la MINURSO, Sidi Mohamed Amar, concernant les tentatives du Makhzen marocain de déformer le sens et l’âme de la résolution 2797 d’octobre dernier sur le Sahara occidental. Dans une lettre envoyée, lundi dernier, à Samuel Žbogar, actuel président en exercice du Conseil de sécurité et néanmoins Représentant permanent de la Slovénie à l’ONU, le représentant sahraoui brise les thèses marocaines sur deux questions importantes à savoir «la souveraineté» et «la proposition d’autonomie».
En effet, lors d’une récente séance plénière à l’Assemblée générale commémorant le 65e anniversaire de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, le représentant du régime occupant du Maroc a tenté d’induire en erreur les états en déformant le contenu de la résolution 2797.
C’est donc dans l’objectif de «rétablir la vérité», écrit Sidi Mohamed Amar dans sa lettre, qu’il était utile de démontrer que la résolution en question «ne reconnaît en aucun cas une prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental occupé».
«Plusieurs États membres l’ont explicitement indiqué dans leurs explications de vote», explique le représentant du Front Polisario, rappelant à titre d’exemple que le Danemark et la Slovénie ont affirmé que leur vote en faveur de la résolution «ne constituait pas une reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et que le texte adopté ne pouvait être interprété comme tel».
Plus encore, la résolution 2797 du 31 octobre 2025 «ne saurait être non conforme aux principes de la Charte des Nations Unies ni aux positions établies des organes compétents dont l’Assemblée générale et la Cour internationale de Justice», car «depuis l’inscription du Sahara occidental sur la liste des territoires non autonomes en 1963, l’Assemblée générale et ses organes subsidiaires l’ont toujours traité comme une question de décolonisation», réaffirmant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément à la résolution 1514.
Pour la seconde manipulation du contenu de la résolution, le représentant du Front Polisario explique dans le détail que le texte ne reconnaissait pas du tout la «proposition» expansionniste marocaine, comme seule base des négociations.
La résolution «la mentionne plutôt comme une base et non l’unique base de discussions» et dont l’objectif final, selon le texte «est de parvenir à une solution politique définitive et mutuellement acceptable qui garantisse l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (paragraphe 3)», précise-t-il. Sidi Mohamed Amar ne pouvait être plus précis que ça, dans le rétablissement des vérités concernant le texte adopté par le Conseil de sécurité sur la base d’une proposition américaine.
Mais, il va jusqu’à rappeler que ce projet de résolution avait justement mentionné le mot «véritable autonomie», lequel a été retiré du document final adopté.
Ceci, sans oublier que «l’occupant marocain n’exerce aucune souveraineté ni juridiction administrative sur le Sahara occidental» étant «considéré comme une puissance occupante au regard des résolutions 34/37 du 21 novembre 1979 et 35/19 du 11 novembre 1980 de l’Assemblée générale», ajoute-t-il dans sa lettre qui corrige une certaine vision que tente le régime marocain à travers ses représentants et diplomates aux magouilles connues de tous, d’imposer sur le plan international.
Ainsi, la bataille des Sahraouis pour leur indépendance n’est pas seulement menée sur le terrain des combats, mais aussi sur le plan diplomatique avec des leaders capables de briser les manœuvres du Maroc et de le démasquer devant l’opinion internationale.
Lamine N.
Manœuvres marocaines à déformer l’âme de la résolution 2797:Le recadrage du Front Polisario !
