L’Afrique dispose d’un potentiel d’autofinancement remarquable, estimé à quelque 4000 milliards de dollars, selon un rapport récent de l’Africa Finance Corporation (AFC). Pourtant, cette richesse intérieure demeure largement inexploitée, alors qu’elle pourrait transformer en profondeur les économies du continent et réduire significativement leur dépendance aux financements extérieurs.Le rapport met en évidence un paradoxe criant : malgré l’existence d’un capital interne massif — issu notamment des revenus des entreprises, de l’épargne domestique et des investissements privés —, l’Afrique peine à canaliser ces ressources vers des projets structurants. Les obstacles sont multiples : faiblesse des cadres réglementaires, accès limité aux marchés financiers, ou encore manque de diversification des instruments de financement.Mobiliser efficacement ces ressources permettrait aux pays africains de renforcer leur souveraineté économique et de prendre en main leur développement à travers des projets en phase avec les réalités locales. L’autofinancement offre également une opportunité de stimuler l’investissement privé, de renforcer les capacités productives et d’insuffler une dynamique de croissance endogène, moins exposée aux fluctuations des marchés internationaux.Pour réaliser ce potentiel, plusieurs leviers doivent être activés. Il s’agit notamment d’améliorer l’environnement des affaires, de renforcer la transparence et la gouvernance financière, de développer les marchés de capitaux nationaux et de promouvoir l’épargne locale. La coopération régionale pourrait, quant à elle, jouer un rôle stratégique en facilitant la mutualisation des ressources et l’harmonisation des politiques économiques.La mise en valeur de ce capital inexploité appelle à une refonte des approches traditionnelles de développement.
En s’appuyant sur ses propres moyens, l’Afrique a l’opportunité de bâtir une trajectoire économique durable, autonome et résiliente, fondée sur la maîtrise de ses ressources et la mobilisation de ses talents. C’est un virage décisif vers une souveraineté financière pleinement assumée et un développement inscrit
dans la durée.
C.Lotfi
Afrique :Un potentiel d’autofinancement de4000 milliards USD encore sous-exploité

