Locales 2026: Les partis entament déjà la course, avant même le décret de convocation du corps électoral

Apeine la page des législatives tournée et les députés de la dixième législature installés à l’Assemblée populaire nationale, la classe politique se projette déjà vers les élections locales attendues à l’automne. Les formations politiques s’activent en coulisses pour préparer leurs listes, dans l’attente du décret présidentiel convoquant le corps électoral, que le président Abdelmadjid Tebboune devrait signer d’ici la fin du mois, en vue d’un scrutin situé entre fin novembre et début décembre un calendrier calqué sur celui des dernières locales de novembre 2021.
Ce décret, qui doit intervenir 90 jours avant le vote conformément à l’article 91 de la Constitution et à la loi organique relative au régime électoral, déclenchera la révision des listes électorales, l’ouverture des candidatures et l’instruction des dossiers.
L’Autorité nationale indépendante des élections engagera une révision exceptionnelle des listes dès sa signature, avant de recevoir les candidatures selon les quotas fixés par la loi, notamment ceux réservés aux jeunes, aux diplômés universitaires et aux femmes.La loi électorale impose en effet que les listes comptent davantage de candidats que de sièges à pourvoir et intègrent, sous peine de rejet, un tiers de femmes, au moins la moitié de candidats de moins de quarante ans, et un tiers de diplômés universitaires le quota féminin ne s’appliquant qu’aux communes de plus de vingt mille habitants. Les listes doivent par ailleurs être parrainées par un ou plusieurs partis, ou déposées comme liste libre.
Ce parrainage revient aux partis ayant obtenu plus de 4 % des voix lors des dernières locales dans la circonscription concernée, ou disposant d’au moins dix élus locaux dans la wilaya ; à défaut, la liste doit réunir trente-cinq signatures d’électeurs par siège à pourvoir, une contrainte qui concerne plusieurs partis n’ayant pas atteint ce seuil lors des derniers scrutins.
Côté candidats, la loi exige d’être inscrit dans la circonscription visée, d’avoir au moins vingt-trois ans, la nationalité algérienne, d’avoir accompli le service national ou d’en être dispensé, de ne pas avoir été condamné définitivement pour crime ou délit intentionnel, et d’être en règle avec le fisc.
Une condition suscite toutefois des réserves : celle interdisant à tout candidat connu pour ses liens avec des milieux d’affaires suspects susceptibles d’influencer le libre choix des électeurs. Une disposition similaire avait déjà motivé de nombreux rejets lors des dernières législatives, ce qui nourrit les critiques de ceux qui y voient une formulation trop vague, exposée à des interprétations divergentes.
Les autorités défendent à l’inverse un dispositif destiné à « assainir la vie politique » et à empêcher l’argent sale d’influencer le processus électoral. Le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections, Karim Khelfane, a défendu à plusieurs reprises cette disposition contestée, la présentant comme un outil de lutte contre l’argent politique illicite.
Face à ce contexte, les partis sont désormais contraints d’anticiper d’éventuels rejets en préparant des candidatures de réserve, notamment pour les catégories soumises aux quotas obligatoires.
Une fois le contentieux des candidatures tranché, la campagne électorale s’ouvrira, dans le respect des règles d’égalité des chances et d’encadrement du financement et de la propagande, jusqu’à la période de silence électoral précédant le scrutin et le dépouillement des voix.
F. B.