Après l’annonce des résultats définitifs des élections présidentielles du 7 septembre par la Cour constitutionnelle, et la confirmation de la victoire du président-candidat, Abdelmadjid Tebboune, le débat est désormais recentré sur l’avenir de l’Autorité nationale indépendante des élections.
Et pour cause, les chiffres définitifs révélés par la Cour, en particulier en ce qui concerne le taux de participation qui correspond au nombre des votants, tranche catégoriquement avec ce qu’avait avancé
Mohamed Charfi. Ce dernier avait annoncé que le nombre d’électeurs qui se sont rendus aux urnes était de 5.630.196. Faux, d’après les chiffres de la Cour constitutionnelle qui les situe à 11.226.065, soit le double, dans une contradiction inédite dans l’histoire de l’organisation des élections par l’ANIE, elle-même depuis le scrutin présidentiel de 2019. Même si la Cour constitutionnelle n’a pas fait de commentaire sur cette contradiction, se contentant d’expliquer ses résultats, par entre autres, l’examen «des procès-verbaux de dépouillement des voix, des procès-verbaux de recensement communal, des procès-verbaux de centralisation des résultats établis par les commissions électorales de wilaya et par la commission électorale des résidents à l’étranger», il va sans dire que l’ANIE est tenue de rendre des comptes de cet écart important des voix exprimées. Jusqu’à présent, l’Autorité que préside Mohamed Charfi n’a pas réagi. Toutefois, des acteurs politiques, impliqués même dans le processus électoral, plaident d’ores et déjà « sa dissolution ». C’est le cas du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a participé aux élections avec son président et candidat Abdelaali Hassani Cherif. Estimant que les chiffres de la Cour constituaient «une confirmation» de déclarations faites auparavant par ses responsables, le MSP a déclaré que «les dépassements enregistrés aux élections sont un crime électoral qui nécessite la dissolution de l’ANIE, outre la sanction des responsables et les poursuites contre ceux qui ont commis le crime contre le pays, la loi et les candidats». Un appel qui, faut-il l’admettre, trouve son écho au sein d’une partie de la classe politique à tel point que sur les réseaux sociaux, des voix se lèvent pour demander le retour à l’ancien mode de gestion des élections par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. C’est dire du degré de colère engendrée par les bourdes et les incohérences dans lesquelles est tombé Charfi lors de ses sorties médiatiques. Reste à savoir si le président réélu, désormais, ira jusqu’à dissoudre ce mécanisme d’organisation des élections, présenté durant ces cinq dernières années, comme l’un des acquis du Hirak et de l’Algérie nouvelle, ou, se contentera de sacrifier son président Mohamed Charfi ? Réponse dans quelques jours .
Farid B.
Les chiffres de la Cour constitutionnelle la contredisent et des appels à sa dissolution lancés: Quel avenir pour l’ANIE ?
