Le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a déplacé ces
derniers jours ses contrôles vers le tout début de la chaîne de commercialisation.
Les équipes ne se limitent plus aux étals et aux vitrines. Elles se rendent dans les usines, les unités de production et les exploitations agricoles, avant que les marchandises n’atteignent grossistes et détaillants. Près de 9 000 agents sont mobilisés à travers le pays pour suivre le parcours des produits et vérifier les prix dès leur source, conformément aux instructions des plus hautes autorités. Pour soutenir cette démarche, le ministère a lancé une plateforme numérique unique qui relie les secteurs concernés. Elle permet de repérer les hausses anormales et d’analyser les données en amont, afin d’agir avant que la situation ne s’aggrave, a expliqué Noureddine Hridi, directeur central au ministère, invité ce mercredi de l’émission «L’Invité du matin» sur la Chaîne 1 de la radio.
Les prix de gros et de détail seront désormais publiés sur les sites du ministère, et des applications permettront aux citoyens de signaler les abus. Des campagnes de sensibilisation sont également prévues.
Les nouvelles instructions portent aussi sur un système de plafonnement des prix pour les produits de grande consommation, comme les légumineuses, les viandes et les légumes. Le ministère veut en outre renforcer la facturation, rendue obligatoire notamment pour les produits agricoles, afin de suivre un produit de l’agriculteur jusqu’au consommateur et de limiter la fraude et la spéculation. Les procédures légales seront simplifiées et des bulletins réguliers publiés en ligne pour que le consommateur connaisse les prix réels.
Les contrôles réguliers ont d’ailleurs mis au jour de nombreuses pratiques illégales, dont la fraude et l’évasion de facturation, estimées à 17 milliards de dinars. Sur le terrain, durant les 96 dernières heures, les inspecteurs ont observé les conditions de production, relevé les quantités disponibles, examiné les stocks et le rythme de distribution, et vérifié les prix à chaque étape. Il s’agit de repérer en amont les dysfonctionnements qui font grimper les tarifs, et de comprendre si les écarts tiennent aux coûts de production, de transport et de stockage ou à des pratiques commerciales irrégulières. La pomme de terre a occupé une place centrale.
À Tébessa, les agents du commerce, accompagnés des services de sécurité et d’agriculture, se sont rendus chez des producteurs pour suivre la récolte et la mise en vente, tandis que les prix étaient contrôlés sur les marchés hebdomadaires et dans les commerces, avec un rappel sur l’affichage obligatoire, le respect des prix de référence et l’interdiction des hausses injustifiées. À Oran, les contrôles ont visé les unités de production d’huile et les distributeurs. À Sétif et à Bouira, les brigades ont poursuivi leurs visites chez les grossistes et les détaillants, et à Tébessa encore, une unité de production de lait a été inspectée de nuit pour garantir l’approvisionnement en lait pasteurisé. Reste à exploiter ces données pour identifier l’origine des déséquilibres, faire en sorte que l’abondance de l’offre profite au consommateur, réduire l’écart entre le prix payé au producteur et le prix final, et protéger ainsi le pouvoir d’achat des citoyens.
A. G.
Vie chère : le contrôle des prix remonte désormais jusqu’aux usines et aux champs
