L’Algérie mise sur la production locale et les facilitations administratives : Belkacemi dévoile les leviers de l’exportation pharmaceutique

L’Algérie entend renforcer ses exportations pharmaceutiques grâce à des facilitations douanières, des assouplissements administratifs, un accompagnement bancaire et la promotion des produits nationaux à l’étranger. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, a présenté ces mesures aux opérateurs afin de valoriser les capacités industrielles nationales et d’élargir les débouchés internationaux.

Des facilitations pour conquérir les marchés étrangers
«L’exportation n’est pas uniquement l’affaire d’un seul secteur, elle implique plusieurs départements», a souligné M. Belkacemi, rappelant que la rencontre a réuni les Douanes, la Banque d’Algérie, la Safex, les organismes d’assurance et les structures chargées de la promotion des exportations.
Parmi les mesures présentées figurent «les avantages accordés aux opérateurs économiques agréés, les facilitations douanières et administratives, ainsi que les dispositifs bancaires liés à la domiciliation, au rapatriement des recettes et aux délais réglementaires», indique le convive de la Radio algérienne, précisant que «des fonds de soutien permettent également d’accompagner la participation des entreprises aux manifestations commerciales internationales.» L’enjeu est aussi réglementaire. L’Agence nationale des produits pharmaceutiques travaille sur les procédures d’enregistrement des médicaments destinés exclusivement à l’exportation et sur le rapprochement avec les autorités sanitaires étrangères.

Une liste de médicaments essentiels avant fin 2026
Autre chantier prioritaire, «l’élaboration de la première liste nationale des médicaments essentiels, annoncée mardi par le ministre, devrait aboutir avant la fin de l’année.» «C’est un outil de souveraineté», a affirmé Belkacemi, précisant que «ce référentiel permettra de hiérarchiser les besoins sanitaires, de garantir la disponibilité continue des traitements prioritaires et d’orienter les investissements industriels.»
Élaborée par un comité d’experts conformément à la loi 18-11 relative à la santé et au décret 21-224, cette liste servira, selon lui, «à identifier les médicaments importés pouvant être fabriqués localement. Son contenu, notamment le nombre de produits et les familles thérapeutiques concernées, sera communiqué ultérieurement». Aussi, il souligne que «face aux risques de pénuries, un dispositif de veille associant plusieurs institutions et partenaires socio-économiques assure déjà le suivi des tensions d’approvisionnement.»

Matières premières, production locale et reconnaissance internationale
Avec plus de 230 établissements de fabrication, l’industrie pharmaceutique nationale couvre désormais environ 84% des besoins du marché en médicaments, selon M. Belkacemi, affirmant que «cette capacité ouvre des perspectives à l’exportation, mais impose également de réduire la dépendance aux matières premières importées.» Plusieurs projets sont engagés, notamment à Batna pour le paracétamol, dans les anticancéreux et à Médéa, où Saidal modernise ses installations destinées aux matières premières antibiotiques. «Nous devons être toujours préparés», a insisté le responsable, rappelant les enseignements de la pandémie de Covid-19 et les risques épidémiques persistants en Afrique.
L’Algérie poursuit depuis 2025 les réformes nécessaires pour atteindre le niveau de maturité 3 de l’OMS, afin de renforcer la crédibilité de son système pharmaceutique et faciliter l’exportation de ses médicaments. Cette démarche vise à garantir la qualité et la sécurité des traitements, tout en consolidant la souveraineté sanitaire nationale.

Samira G.