Invité jeudi dernier de l’émission «L’invité du jour» sur la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le Professeur Rachid Belhadj, président du comité d’éthique et de déontologie auprès de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, a lancé un appel clair à la responsabilité managériale dans le secteur de la santé. «Nous avons besoin de managers éthiques qui ne donnent pas de faux chiffres et de fausses promesses aussi», a-t-il déclaré, dénonçant une gestion parfois déconnectée des réalités sanitaires du pays.
Le constat est alarmant : «Tous les chiffres sont au rouge !», a-t-il souligné, évoquant la hausse inquiétante des cas d’hypertension, d’accidents cardiovasculaires, d’AVC et de décès liés au diabète. Ces pathologies sont directement corrélées à la consommation massive de produits alimentaires industriels, en particulier les boissons saturées en sucre et en sel.
Face à cette situation, le comité d’éthique et de déontologie, organe pluridisciplinaire rattaché à l’Agence nationale de sécurité sanitaire, s’est donné pour mission d’élargir le champ de réflexion sur la santé publique. Il intègre les dimensions médicales, sociales et environnementales, dans une approche globale et inclusive, car «la santé est l’affaire de tous», rappelle le Pr Belhadj.
Ce comité ne se limite pas à l’analyse : il élabore des propositions concrètes, traduisant les problématiques nationales en recommandations soumises à la présidence de la République. Parmi les actions emblématiques, le Pr Belhadj cite l’installation de 22 millions de détecteurs de monoxyde de carbone dans les foyers algériens, une mesure préventive majeure contre ce gaz toxique et mortel .
M. M.
Le cri d’alarme du Pr Belhadj: Santé publique : tous les indicateurs virent au rouge
