L’ambassadeur de France reprend ses fonctions à Alger: Est-ce la fin de la crise ?

Nouveau pas dans le réchauffement des relations entre Alger et Paris. La commémoration des douloureux massacres du 8 mai 1945 est l’occasion pour Paris de franchir une nouvelle étape en envoyant la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, en Algérie pour y commémorer l’anniversaire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata et en actant le retour de l’ambassadeur de France, Stéphane Romatet, à son poste à Alger, après plus d’une année d’absence en raison de la crise.
à Sétif, lors de sa participation à la cérémonie de commémoration du 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, la ministre française déléguée aux Armées et Anciens combattants, Alice Rufo, a déclaré qu’«il faut faire preuve de courage pour regarder l’histoire en face telle qu’elle s’est réellement déroulée, dans le respect de la Mémoire de l’Algérie».
Accompagnée de l’ambassadeur de France en Algérie, la ministre française a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de ces massacres.
Tout semble indiquer que le président français, Emmanuel Macron, veut rétablir les relations avec l’Algérie, avant la fin de son mandat en 2027.
Après la reprise de la coopération sécuritaire et la multiplication des gestes d’apaisement, il a profité de l’anniversaire des massacres du 8 mai 1945 pour rappeler des vérités historiques.
En annonçant la venue de Alice Rufo à Sétif pour y commémorer les évènements tragiques, la présidence de la république française a assumé la vérité des massacres commis en 1945.
«Alors même que les Français célébraient leur libération, la répression des manifestations dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata durait plusieurs semaines et faisait des milliers de victimes. C’est la vérité de notre histoire et c’est l’honneur de la France de la regarder en face», a indiqué l’élysée dans un communiqué. Il ajoute que cette démarche témoigne de la volonté du Président de la République de «traiter des relations entre la France et l’Algérie avec honnêteté, dans le respect de toutes les mémoires qui y sont liées».
Macron exprime sa volonté de nouer des relations basées sur la confiance avec l’Algérie.
«La lucidité avec laquelle la France regarde l’histoire doit aujourd’hui permettre de nouer des relations confiantes et prometteuses pour l’avenir, dans l’intérêt même des peuples français et algérien», a souligné l’élysée. La ministre déléguée était chargée d’évoquer, avec les autorités algériennes, les prochaines étapes de la consolidation des relations bilatérales entre les deux pays. Elle a été chargée également de dire aux autorités algériennes «l’appréciation du Président de la République pour la reprise de notre coopération consulaire, sa volonté d’amplifier les résultats déjà obtenus et de restaurer un dialogue efficace, respectueux de l’intérêt national de chacun, dans notre intérêt commun».
Pour le retour de l’ambassadeur de France à Alger, la présidence française a indiqué qu’il travaillera sur tous les aspects de la coopération bilatérale, «dans un esprit de réciprocité» et avec «une
attention prioritaire» au retour en France du journaliste Christophe Gleizes, condamné à 7 ans de prison ferme par la justice algérienne. Ces nouvelles données marqueront-elles la fin de la crise entre Alger et Paris? Les prochains mois nous le diront .
Fateh H.