81 ans après, l’Algérie dénonce la barbarie coloniale:Tebboune réhabilite la vérité historique du 8 mai 1945

Le président Abdelmadjid Tebboune a livré, jeudi dernier à l’occasion de la Journée nationale de la Mémoire, un discours puissant et sans concession, réhabilitant la vérité historique sur les massacres du 8 mai 1945, dont l’Algérie commémore le 81e anniversaire.
Dans un message empreint de solennité, le chef de l’État a rappelé au monde que cette date ne fut pas celle d’une simple répression, mais bien l’un des plus atroces massacres et crimes de génocide contre l’humanité de l’époque contemporaine. Il a dénoncé avec force la barbarie coloniale qui, durant ces journées d’horreur, a exécuté froidement 45000 Algériens sans défense, dont des femmes et des enfants, sous les bombes et les chenilles des engins militaires.
Le président Tebboune a fustigé le mensonge persistant d’un prétendu colonialisme porteur de civilisation, encore défendu par certains milieux extrémistes, alors que les faits parlent d’eux-mêmes : villages entiers incendiés, exécutions sommaires, fosses communes à Sétif, Guelma et Kherrata.
Il a souligné qu’il s’agit d’une page qui traduit une déchéance morale dépourvue de toute valeur
civilisationnelle.
Pour le président de la République, les martyrs du 8 mai 1945 ne sont pas tombés en vain. Leur sacrifice fut le ferment qui a précipité le déclenchement du glorieux 1er Novembre 1954. L’écho de leur supplice, porté jusqu’aux tribunes des Nations unies, a fait basculer l’opinion internationale et légitimé la juste cause algérienne.
Dans un geste fort, Abdelmadjid Tebboune a annoncé avoir instruit le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit de concrétiser deux projets majeurs.
Le premier projet porte sur l’organisation d’assises nationales de la Mémoire et de l’Histoire, afin de rassembler les chercheurs et les acteurs de la transmission.
Le second projet concerne la préparation d’un projet de loi relatif à la Mémoire nationale, pour inscrire dans le droit la préservation de ces événements fondateurs.
Ces décisions, a-t-il souligné, sont prises en fidélité aux martyrs des massacres du 8 mai 1945 et aux martyrs de l’Algérie.
Le président a également salué toutes les initiatives historiques, intellectuelles et culturelles organisées chaque année à travers les universités, écoles, maisons de jeunes et centres culturels, afin de lutter contre l’oubli et de perpétuer les gloires de l’Algérie.
Il a conclu son message par un recueillement solennel, affirmant que nous nous recueillons avec déférence à leur mémoire pure et que nous renouvelons notre engagement à préserver leur serment et à
servir notre chère patrie et le vaillant peuple algérien, dans une Algérie victorieuse, fière et digne.
Une déclaration qui résonne comme un devoir de transmission, une vérité historique réaffirmée et une promesse républicaine faite à la mémoire des disparus.
F. H.