Le président du Comité algérien de soutien au peuple sahraoui, Saïd Ayachi, a rappelé ce dimanche avec force l’unique voie possible pour une résolution juste et durable du conflit au Sahara
occidental : l’organisation d’un référendum d’autodétermination permettant au peuple sahraoui de décider librement de son avenir.
Invité de l’émission «.L’invité du jour» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, il a posé les jalons d’une position inchangée depuis des décennies, ancrée dans le droit international et les principes fondamentaux de la décolonisation.
Pour M. Ayachi, aucune solution proposée ne saurait être légitime sans la consultation directe des premiers concernés.
«Il faudra demander l’avis des Sahraouis pour rester dans un cadre moral et légal, car tout peuple colonisé a le droit de choisir librement son destin», a-t-il martelé, rappelant que cette exigence n’est pas négociable et constitue le socle de toute issue pacifique au conflit.
Cette position, ferme et constante, place la légitimité populaire au cœur du processus, bien au-delà des seules tractations diplomatiques entre belligérants.
Revenant sur les dernières négociations entre le Front Polisario et le Maroc, qui se sont tenues les 23 et 24 février à Washington, le président du Comité de soutien a décrit des pourparlers particulièrement serrés, butant sur deux obstacles majeurs.
Le premier concerne la gouvernance du futur exécutif autonome : tandis que les représentants sahraouis exigent que les responsables soient élus par le peuple, la partie marocaine insiste pour qu’ils soient désignés directement par le roi, une divergence fondamentale sur la nature même du pouvoir.
Mais le second point d’achoppement, de loin le plus crucial selon Saïd Ayachi, touche à la légitimité ultime de tout accord. Il s’agit de l’obligation de soumettre le plan d’autonomie, quelle qu’en soit la teneur, à la validation du peuple sahraoui par référendum. «Il faut que le peuple sahraoui soit consulté sur la validité de son plan d’autonomie, qu’un référendum puisse valider cette option de façon conforme au droit international», a-t-il insisté, réaffirmant que sans cette étape démocratique, aucun projet ne saurait être considéré comme légitime ou définitif.
Au-delà du plan d’autonomie actuellement discuté, M. Ayachi n’écarte pas l’émergence d’autres scénarios de résolution, mais toujours dans le cadre intangible d’une consultation populaire.
Cette prise de position intervient à un moment crucial où les regards se tournent vers l’évolution des négociations, rappelant à la communauté internationale que la clé du conflit sahraoui ne se trouve pas seulement dans les salles de réunion des diplomaties, mais d’abord et avant tout dans les urnes, entre les mains d’un peuple qui attend depuis trop longtemps de pouvoir exercer son droit le plus élémentaire.
Lamine N.
L’Algérie réaffirme l’exigence référendaire: «Il faut demander l’avis des Sahraouis»
