Intelligence artificielle: L’Algérie pose les jalons de sa souveraineté technologique

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, ce mercredi, la première réunion de coordination consacrée au lancement de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle.
Une rencontre qui marque le passage des intentions aux actes, réunissant autour d’une même table des représentants de plusieurs ministères et organismes nationaux, avec un objectif commun : ancrer l’Algérie dans la course mondiale à l’intelligence artificielle sans dépendre des technologies étrangères.
Les travaux ont permis de fixer les grandes orientations stratégiques et d’esquisser une feuille de route destinée à généraliser l’usage de l’intelligence artificielle au sein des services publics, en s’appuyant sur les expériences internationales les plus abouties.
Derrière cette ambition affichée, une conviction partagée par les participants : la souveraineté numérique de demain se jouera dans la capacité du pays à concevoir ses propres outils plutôt qu’à en importer les usages. Plusieurs chantiers prioritaires ont ainsi été arrêtés. Le premier consiste à développer des modèles d’intelligence artificielle souverains et ouverts, taillés sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de l’État. Vient ensuite le renforcement des capacités nationales de calcul intensif, à travers un maillage de centres de calcul qui permettrait aux laboratoires de recherche comme aux start-up de concevoir et d’entraîner localement leurs propres modèles, sans avoir à s’en remettre à des infrastructures étrangères.
La formation des compétences occupe une place centrale dans ce dispositif, avec le lancement annoncé de programmes intensifs et spécialisés, montés en partenariat avec les universités et les établissements de recherche, notamment autour de l’analyse des données et de l’intelligence artificielle générative.
Cette montée en compétence devrait s’accompagner de la création d’un Centre national de recherche en intelligence artificielle, épaulé par des unités spécialisées chargées de faire le pont entre les avancées scientifiques et leurs applications industrielles concrètes.
Reste un enjeu tout aussi déterminant : celui de la donnée elle-même. Le traitement et le stockage des informations administratives et publiques devront désormais s’effectuer au sein de centres de données nationaux sécurisés, dans un cadre garantissant une utilisation éthique, responsable et fiable de ces technologies encore jeunes.
Pour piloter la mise en œuvre de cette feuille de route, un comité interministériel de suivi a été installé, avec pour mission de veiller au respect d’un calendrier précis. L’objectif affiché est ambitieux : accélérer la transformation numérique de l’administration publique et bâtir une gouvernance plus moderne, plus performante et, à terme, plus intelligente.
A. G.