Dans une résolution qualifiée d’historique, adoptée le 2 septembre dernier, l’Association Internationale des Chercheurs sur le Génocide (IAGS) a officiellement reconnu que les actes perpétrés par Israël dans la bande de Ghaza relèvent juridiquement du crime de génocide, tel que défini par la Convention des Nations Unies de 19482.
Le document, soutenu par une majorité écrasante de spécialistes internationaux, expose un bilan humain et matériel d’une ampleur tragique : plus de 59 000 Palestiniens tués, dont une majorité d’enfants et de civils, plus de 143 000 blessés, et des dizaines de milliers de disparus sous les décombres.
Près de 90% des infrastructures résidentielles ont été détruites, et la population de Ghaza a été déplacée à plusieurs reprises dans des conditions qualifiées d’inhumaines. Au-delà des bombardements, les chercheurs dénoncent une stratégie multidimensionnelle visant à anéantir la population : privation délibérée de nourriture, d’eau, de soins médicaux et d’électricité ; attaques contre les hôpitaux, les écoles, les journalistes et les humanitaires ; destruction des terres agricoles et des stocks alimentaires ; usage systématique de la torture et de violences sexuelles. Le ciblage massif des enfants — plus de 50 000 tués ou mutilés — est présenté comme une atteinte directe à la survie du peuple palestinien en tant que groupe. La résolution cite également des déclarations explicites de hauts responsables israéliens appelant à «raser Ghaza», à infliger «un maximum de dégâts» et à transformer l’enclave en «enfer», des propos interprétés comme des aveux publics d’intention génocidaire. Ces éléments sont corroborés par les décisions de la Cour Internationale de Justice (CIJ), qui a jugé «plausible» l’existence d’un génocide, et par les mandats d’arrêt émis par la Cour Pénale Internationale (CPI) contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité1. L’IAGS souligne que ce constat est désormais partagé par de nombreuses ONG, institutions onusiennes, juristes internationaux, et même des universitaires israéliens et juifs, qui convergent vers une même
vérité : Ghaza est le théâtre d’un génocide planifié et exécuté avec le soutien actif de puissances occidentales. Face à cette reconnaissance officielle, l’IAGS appelle à des mesures immédiates : cessation des hostilités, levée du blocus, respect des injonctions de la CIJ, coopération avec la CPI, embargo militaire, sanctions concrètes contre Israël, et mise en place d’un processus de justice transitionnelle garantissant dignité, liberté et sécurité au peuple palestiniens.
En plaçant la responsabilité sur les États, l’IAGS interpelle la conscience juridique et morale du monde : l’inaction face à ce crime majeur équivaut à une complicité active. Le génocide n’est plus une hypothèse, mais une réalité documentée que nul ne peut ignorer .
Sabrina G.
Ghaza: L’IAGS reconnaît un génocide et interpelle la communauté internationale

