La famine qui ravage actuellement la bande de Gaza ne serait pas le fruit du hasard ni d’un simple effondrement humanitaire, mais bien le résultat d’une stratégie délibérée, selon Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Lazzarini a dénoncé avec force ce qu’il considère comme une tentative consciente de l’entité sioniste de démanteler le système humanitaire des Nations Unies dans Gaza, pour le remplacer par une institution alternative motivée par des considérations politiques.
Cette accusation grave intervient dans un contexte où l’UNRWA, principal acteur humanitaire dans la région, a été empêchée pendant cinq mois d’acheminer de l’aide vitale à la population gazaouie, aggravant considérablement une situation déjà critique.Selon Lazzarini, la marginalisation de l’UNRWA ne repose pas sur des préoccupations légitimes liées à la gestion ou à la distribution de l’aide, ni sur les allégations de détournement de ressources.
Il affirme que cette mise à l’écart est une mesure délibérée, conçue pour exercer une pression collective sur les Palestiniens et les punir simplement pour le fait de vivre à Gaza. Cette déclaration met en lumière une dynamique inquiétante : l’instrumentalisation de la souffrance humaine à des fins politiques. En empêchant l’UNRWA de fonctionner, c’est tout le système de protection et d’assistance aux réfugiés palestiniens qui est fragilisé, voire menacé de disparition.La famine devient ainsi une arme de guerre silencieuse, utilisée non pas pour vaincre militairement, mais pour briser psychologiquement et socialement une population déjà éprouvée par des décennies de blocus, de bombardements et de déplacements forcés. Les conséquences sont dévastatrices : des enfants meurent de malnutrition, des familles entières sont privées d’eau potable, de soins médicaux et de produits de première nécessité. Les infrastructures humanitaires, déjà affaiblies, s’effondrent sous le poids de l’inaction forcée, tandis que les principes fondamentaux du droit international humanitaire sont bafoués.Lazzarini tire ainsi la sonnette d’alarme non seulement sur la situation humanitaire, mais aussi sur la remise en cause du rôle des Nations Unies dans les zones de conflit. En ciblant l’UNRWA, ce n’est pas seulement une agence qui est attaquée, mais l’idée même d’une assistance neutre, impartiale et fondée sur les droits humains. Si cette stratégie se poursuit, elle pourrait créer un précédent dangereux, où les opérations humanitaires deviennent des instruments de contrôle politique, et où les populations civiles sont prises en otage dans des jeux de pouvoir géostratégiques. Ce témoignage du chef de l’UNRWA appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale. Il ne suffit plus de dénoncer la crise ; il faut réaffirmer le droit des Palestiniens à une aide humanitaire digne, indépendante et libre de toute manipulation. Car derrière les chiffres et les rapports, ce sont des vies humaines qui s’effondrent dans le silence, et une conscience universelle qui vacille face à l’indifférence.
Imène.G
