La bande de Ghaza est aujourd’hui confrontée à une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent. Selon Farhan Haq, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, l’aide humanitaire qui parvient à l’enclave palestinienne ne couvre même pas la moitié des besoins réels de sa population, soumise à un blocus total depuis mars 2025. « La faim est devenue grave », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une famine généralisée imminente.Les restrictions imposées par l’entité sioniste sur tous les postes-frontières et points de passage ont considérablement réduit la capacité de l’ONU à acheminer l’aide.
Seuls deux points de passage sont actuellement autorisés, et le processus d’inspection y est si complexe et long qu’il ralentit dramatiquement les livraisons. Farhan Haq a souligné qu’il est impératif de revenir au réseau de distribution précédemment géré par l’ONU, notamment via l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), qui avait l’expérience et les infrastructures nécessaires pour répondre aux besoins sur le terrain.Depuis plusieurs mois, des pays comme la Belgique, la France ou les Émirats arabes unis ont tenté de pallier l’urgence en organisant des largages d’aide par voie aérienne.
Mais ces opérations, bien que spectaculaires, sont loin d’être suffisantes. Elles sont coûteuses, risquées pour les civils au sol, et ne permettent pas de répondre aux besoins massifs de la population. L’ONU insiste sur le fait que seule une reprise des livraisons terrestres par camions, via les points de passage, peut garantir une distribution efficace et sécurisée.La situation est d’autant plus critique que l’UNRWA, principal acteur humanitaire dans la bande de Ghaza, a été empêchée d’opérer pendant cinq mois. Son Commissaire général, Philippe Lazzarini, accuse Israël de vouloir démanteler le système humanitaire onusien pour le remplacer par un dispositif motivé par des considérations politiques. Cette paralysie a aggravé la crise, laissant des millions de personnes sans accès régulier à la nourriture, à l’eau potable et aux soins médicaux.Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment déclaré que Ghaza est confrontée à « une mort et une destruction sans précédent ». La Cour internationale de Justice a ordonné à Israël dès janvier 2024 de permettre l’accès à l’aide humanitaire, tandis que la Cour pénale internationale a confirmé des mandats d’arrêt contre des responsables israéliens pour crimes de guerre, notamment l’utilisation de la famine comme arme.Face à cette tragédie, l’ONU appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale. Le sort de plus de deux millions de Palestiniens dépend désormais de décisions politiques qui doivent transcender les calculs stratégiques. L’heure n’est plus aux compromis, mais à une action immédiate pour sauver des vies .
Imène.G
Gaza au bord de la famine :L’ONU alerte, les largages d’aide ne suffisent plus
