Une enquête a révélé qu’un baron de la drogue marocain a investi des millions de dollars dans l’achat de biens immobiliers de luxe à Dubaï, dans une affaire qui soulève des questions sur l’efficacité du contrôle des sources de financement sur le marché immobilier des Émirats arabes unis, à la lumière d’enquêtes internationales révélant de graves lacunes dans son système réglementaire permettant de transférer les produits du crime organisé vers des investissements immobiliers de luxe, face aux difficultés rencontrées par les autorités étrangères pour suivre et confisquer ces richesses.
L’enquête a révélé que le trafiquant de drogue, un résident marocain en Belgique, a investi des millions de dollars dans l’immobilier à Dubaï et réalisé d’énormes profits en revendant certains d’entre eux.
Publiée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project l’enquête a mis en lumière comment le Marocain Nasser Eddine Tarrahi a réussi à investir des millions de dollars dans le marché immobilier de Dubaï, malgré son passé de trafic de drogue, dans une affaire qui met en lumière des lacunes dans le suivi des fonds illicites et la poursuite des actifs transférés à travers les frontières.
Selon l’enquête, Tarahi a acheté six propriétés de luxe à Dubaï entre 2019 et 2021, pour une valeur totale de 6,2 millions de dollars, avant de les revendre par la suite.
L’enquête a révélé que Tarrahi était un membre haut placé des Tortues, un gang marocain opérant en Belgique spécialisé dans la réception de cargaisons de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud via des conteneurs dans le port belge d’Anvers, selon l’enquête. Tarrahi a été condamné en Belgique en 2013 dans une affaire liée à la drogue, avant d’être condamné par contumace en février 2022 à cinq ans de prison pour des crimes incluant la participation à la contrebande de cocaïne, la corruption, la falsification, le blanchiment d’argent et l’appartenance à une organisation criminelle.
Selon une décision judiciaire belge rendue en mai 2026, son activité ne se limitait pas aux réseaux de contrebande à l’intérieur de la Belgique, mais il a continué à gérer des opérations de drogue depuis Dubaï et à donner des instructions à ses partenaires, tirant parti de moyens de communication cryptés et de caméras de surveillance à distance pour suivre les activités de ses collaborateurs en Belgique.
Ces faits révèlent un paradoxe frappant sur le marché immobilier de Dubaï : l’argent lié à une personne condamnée dans des affaires de drogue a été transformé en biens immobiliers de luxe et a généré des profits significatifs, tandis que ces biens sont restés hors de portée des autorités belges chargées de confisquer les produits des crimes. Le tribunal d’Anvers a estimé le produit des crimes à environ 5 millions d’euros, mais les autorités belges n’ont pu trouver que des sommes limitées en Belgique, tandis qu’un porte-parole de l’Autorité fédérale belge pour la confiscation des biens a confirmé qu’aucune confiscation de ses biens n’avait été retenue à Dubaï. Cette lacune met en lumière les défis posés par la capacité des fonds suspects à se transformer en actifs immobiliers difficiles d’accès pour les autorités étrangères.
Cela soulève également des questions sur la clémence des Émirats à recevoir des fonds dans un marché immobilier qui attire des milliards de dollars d’investissements internationaux sans respecter les chartes et
systèmes dont le système international s’appuie pour vérifier et se conformer à ses sources.
Plus discutable, en février 2023, Tarrahi a obtenu un visa de résidence de dix ans en tant que propriétaire, après avoir été condamné par contumace en Belgique en 2022 dans une affaire de trafic de drogue et de blanchiment d’argent. Cela soulève des questions sur la mesure dans laquelle le dossier judiciaire des investisseurs est pris en compte dans les procédures d’octroi de la résidence par la propriété immobilière et sur l’efficacité des mécanismes d’audit des sources de richesse.
Malik M.
Dubaï : l’immobilier au cœur d’une affaire de blanchiment
