Le 13 février 1960, deux ans avant l’indépendance du pays, l’armée française avait réalisé son premier essai nucléaire dans le désert algérien, à Reggane, appelé « Gerboise bleue ».
L’Algérie commémore demain le 65e anniversaire de ce triste souvenir, surtout que ces essais continuent à faire des victimes jusqu’à aujourd’hui. Cette année, l’anniversaire de ces explosions nucléaires intervient dans un contexte de crise inédite entre la France et l’Algérie. L’Algérie refuse d’oublier et de céder aux poids des décennies qui passent. Elle réclame de la France d’assumer ses responsabilités éthiques et politiques dans ce dossier. A Alger, la mobilisation est grandiose pour rappeler les dégâts de ces essais et mettre la France face à ses responsabilités. L’Assemblée populaire nationale a programmé une journée d’étude demain à Adrar, wilaya qui a abrité les expériences de l’armée française. Le RND a organisé, hier, une conférence sur ces essais nucléaires. Les essais du 13 février 1960 n’étaient que le début d’une série d’explosions. D’autres essais ont été réalisés dans le Sahara algérien jusqu’à 1966, au moment où les puissances militaires mondiales étaient en course ouverte vers l’armement nucléaire. Le nombre des essais nucléaires effectués par la France, sous prétexte de la recherche scientifique, a atteint 17 explosions (4 en surface à Reggane et 13 souterraines à In Ekker), en plus d’autres essais complémentaires.
Les essais en surface effectués à Reggane ont causé la pollution d’une grande partie du sud algérien et leurs effets se sont étendus jusqu’aux pays africains voisins, alors qu’un nombre d’essais souterrains a échappé au contrôle, ce qui a provoqué la propagation des produits de fission due à l’explosion et la pollution de vastes zones.
Le Président , Abdelmadjid Tebboune, s’est exprimé sur ce dossier dans sa dernière interview avec le journal L’Opinion. A propos des réparations relatives aux explosions nucléaires et à l’utilisation d’armes chimiques par la France dans le Sud de l’Algérie, il a affirmé que c’est un sujet indispensable pour la reprise de la coopération bilatérale, appelant à régler définitivement ces contentieux. « C’est indispensable. Le dossier de la décontamination des sites d’essais nucléaires est obligatoire sur les plans humain, moral, politique et militaire. Nous pouvions le faire avec les Américains, les Russes, les Indonésiens, les Chinois. Nous estimons que l’Algérie doit le faire avec la France qui doit nous dire avec précision les périmètres où ces essais ont été réalisés et où les matériaux sont enterrés », a déclaré M. Tebboune. La décontamination des sites et les réparations sont parmi les sujets qui font l’unanimité en Algérie. Nul ne doit, en effet, oublier ces essais et les dégâts qui continuent, jusqu’à aujourd’hui, d’être provoqués par ces essais nucléaires.
Farid B.
Essais nucléaires: Face au déni de la France, l’Algérie entretient sa mémoire
