Vendredi dernier, le roi Mohammed VI s’est exprimé devant le Parlement marocain, après dix jours de manifestations menées par la jeunesse, notamment la génération Z, dans plusieurs grandes villes du royaume telles que Casablanca, Rabat, Tanger et Agadir.
Ce discours, très attendu, intervient après une trêve de 48 heures observée par les manifestants. Le contenu de l’allocution royale, centré sur des thématiques comme le «développement territorial», les «centres ruraux émergents» et la «culture du résultat», n’a pas répondu aux revendications sociales portées par les jeunes dans la rue.
Aucun passage n’a évoqué explicitement les préoccupations majeures exprimées par les manifestants : chômage, corruption, accès aux soins, éducation, et justice sociale. Le roi a appelé les parlementaires à «accélérer les programmes» et à «mener un travail efficace », adoptant un ton technocratique sans référence directe à la crise sociale actuelle ni aux tensions qui traversent le pays. L’absence de reconnaissance de la mobilisation en cours, ainsi que le silence sur les cas de répression signalés, ont été largement relevés par les observateurs.
Depuis le début du mouvement, les jeunes manifestants réclament des réformes profondes et dénoncent les inégalités persistantes. Le discours royal, perçu comme déconnecté des réalités sociales, n’a pas apaisé les tensions. Au contraire, plusieurs sources locales indiquent que les manifestations devraient reprendre, portées par une jeunesse déterminée à faire entendre sa voix. Le discours marque donc une étape institutionnelle, mais ne semble pas constituer une réponse politique à la crise actuelle. L’absence de mesures concrètes et de dialogue direct avec les citoyens mobilisés pourrait accentuer la fracture entre les institutions et une partie de la population, en particulier les jeunes .
M. M.
Discours royal au Parlement: Une réponse jugée insuffisante face à la mobilisation de la jeunesse marocaine
