Diffamation contre les symboles de la Révolution: Saâd Bouakba placé en détention provisoire

Le parquet près le tribunal de Bir Mourad-Raïs a annoncé, jeudi dernier, le placement en détention provisoire du journaliste Saâd Bouakba, poursuivi pour outrage et diffamation à l’encontre des symboles de la Révolution de libération nationale.
Cette décision fait suite à une plainte déposée par Mahdia Ben Bella, fille du défunt président Ahmed Ben Bella, après une interview accordée par Bouakba à la chaîne YouTube Vision TV News.
Dans cet entretien, intitulé «Ainsi les dirigeants de la Révolution se sont partagé les fonds du FLN», l’accusé aurait tenu des propos jugés diffamatoires et fallacieux, insinuant que les leaders historiques auraient détourné les fonds du Front de libération nationale pour les déposer sur leurs comptes personnels.
Le parquet a immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur ces faits qualifiés de graves, considérés comme une atteinte directe à la mémoire de la Révolution et à ses dirigeants.
Le ministère des Moudjahidine s’est constitué partie civile dans l’affaire, renforçant la portée symbolique et institutionnelle de cette procédure. Selon le communiqué, Saâd Bouakba est poursuivi pour outrage et diffamation commisvia les technologies de l’information et de la communication, ainsi que pour diffusion intentionnelle d’informations fausses et biaisées auprès du public, conformément aux articles 148 bis 1, 333 bis 6 et 196 bis du code pénal.
Son co-accusé, Abderrahim Haraoui, gérant de la chaîne YouTube, est poursuivi pour participation aux mêmes délits, en vertu des articles 42 et 148 bis 1.
Le dossier a été transmis à la section correctionnelle dans le cadre d’une comparution immédiate. L’audience est fixée au 4 décembre 2025, avec placement en détention provisoire de Saâd Bouakba et remise en liberté d’Abderrahim Haraoui. Cette affaire illustre la volonté des autorités judiciaires de défendre la mémoire nationale et de protéger les symboles de l’État et de la Révolution contre toute tentative de diffamation ou de manipulation historique. Elle marque également un signal fort quant à l’usage des plateformes numériques, rappelant que la liberté d’expression ne saurait s’exercer au détriment du respect des figures fondatrices de l’histoire algérienne .
F. B.