Vendredi dernier, Alger a écrit une page décisive de l’histoire sanitaire du continent. Les 29 pays africains réunis pour la Conférence ministérielle sur la production locale de médicaments ont adopté à l’unanimité la «Déclaration d’Alger», une feuille de route ambitieuse visant à affranchir le continent de sa dépendance aux importations de produits de santé.
Ce document fondateur couronne deux jours de travaux intenses au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, placés sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune.
La Déclaration, solennellement lue par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, engage les pays signataires sur treize points cruciaux. Elle prévoit le renforcement des pôles de fabrication des produits pharmaceutiques et des vaccins au niveau local et régional, en s’appuyant sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.
Les pays s’engagent également à accélérer l’harmonisation réglementaire via la future Agence
africaine du médicament, tout en encourageant les partenariats durables entre secteurs public
et privé. Le texte insiste particulièrement sur la nécessité de mobiliser les institutions financières continentales et internationales, dont la Banque africaine de développement et la Banque africaine d’export-import, pour mettre en place des mécanismes de financement innovants au bénéfice des producteurs locaux. La création d’un mécanisme d’achat unifié aux niveaux régional et continental figure également parmi les mesures phares, destinée à garantir des débouchés stables aux médicaments produits localement. Les participants ont unanimement salué le rôle pionnier de l’Algérie, dont l’expérience en matière de production pharmaceutique sert de modèle au continent.
Avec plus de 82% de ses besoins couverts par la production nationale et un parc de 230 unités industrielles, le pays démontre la faisabilité de cette souveraineté pharmaceutique.
Le ministre égyptien des Entreprises publiques, Mohamed Chimi, a plaidé pour la création d’une «haute commission pour l’industrie du médicament en Afrique», tandis que la secrétaire d’État tchadienne à la Santé a appelé à développer des «produits 100% africains». Cette déclaration intervient alors que le continent importe encore entre 60% et 90% de ses besoins en médicaments et vaccins, comme l’a rappelé le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.
En offrant un cadre stratégique commun, la Déclaration d’Alger marque un tournant historique dans la quête d’autonomie sanitaire du continent, transformant une vulnérabilité criante en uneopportunité de développement durable et solidaire .
Farid B.
Déclaration d’Alger:29 pays africains scellent leur destin pharmaceutique commun

