Caftan : l’Algérie riposte au Maroc à l’UNESCO

L’Association nationale Tourath Djazairna, aux côtés de nombreux citoyens, universitaires, artisans et acteurs culturels algériens, a exprimé son profond étonnement et son indignation face à l’initiative du Maroc de faire inscrire le caftan sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO en tant que patrimoine exclusivement marocain.Dans une pétition adressée à l’UNESCO, les signataires rappellent que cette démarche s’inscrit dans une série d’actes visant à s’approprier un patrimoine commun aux peuples du Maghreb, et en particulier à occulter la dimension algérienne du caftan.
Ils soulignent qu’il s’agit d’une nouvelle tentative d’appropriation illégitime d’un héritage culturel déjà reconnu, en partie, comme algérien par l’UNESCO.En effet, l’Algérie avait obtenu dès 2012 l’inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité des « rites et savoir-faire associés à la tradition du costume féminin nuptial de Tlemcen ».
Ce dossier englobait l’ensemble des vêtements, parures et techniques artisanales liés à la tradition nuptiale dans l’Ouest algérien, y compris le Lebset El Arftan, appellation traditionnelle du caftan dans cette région à forte empreinte arabo-andalouse.Par ailleurs, l’Algérie a également fait inscrire, le 4 décembre 2024 lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel tenue à Asunción (Paraguay), un nouveau dossier intitulé « Costume féminin de cérémonie dans le Grand Est algérien ». Celui-ci couvre une panoplie de tenues traditionnelles emblématiques, telles que la gandoura, la melhefa, le caftan, et les bijoux qui leur sont associés, en plus des savoir-faire liés à leur confection.Les signataires insistent sur le fait que le caftan, loin d’être une exclusivité marocaine, constitue une composante essentielle de l’héritage vestimentaire féminin de nombreuses régions d’Algérie, notamment à Tlemcen, Constantine, Alger, Bejaïa ou encore Biskra.
Ils appellent donc l’UNESCO à rejeter toute tentative de monopole culturel et à promouvoir une approche respectueuse des réalités historiques et des convergences culturelles du Maghreb.Enfin, l’Association Tourath Djazairna invite les institutions algériennes, les universitaires et les artistes à se mobiliser davantage pour documenter, préserver et faire rayonner ce patrimoine national, face aux tentatives d’effacement ou de réécriture de l’histoire culturelle partagée .

N.C

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