C’est l’événement incontournable du continent. Les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) s’ouvrent ce lundi à Brazzaville, capitale de la République du Congo, avec une question brûlante à trancher : comment trouver l’argent pour faire décoller l’Afrique ?
Car les besoins sont immenses. Selon la BAD elle-même, le continent a besoin de plus de 400 milliards de dollars chaque année pour se transformer durablement. Problème : la mondialisation se fracture, les flux financiers se raréfient et les tensions géopolitiques compliquent la tâche.
Pendant cinq jours, du 25 au 29 mai, plus de 3 000 participants sont attendus à Brazzaville.
Chefs d’État, ministres des Finances, patrons de banques centrales, grands investisseurs et acteurs du secteur privé vont plancher sur les moyens de mobiliser des capitaux à grande échelle.
Cette 61e édition des Assemblées de la BAD, couplée à la 52e du Fonds africain de développement (FAD), aura une saveur particulière. C’est la première fois que Sidi Ould Tah, élu en mai 2025 à Abidjan, présentera officiellement le rapport financier et les résultats de développement de l’institution.
Le Mauritanien a pris la suite du Nigérian Akinwumi Adesina, qui a dirigé la banque pendant dix ans (2015-2025). Au programme des débats, quatre grands chantiers. D’abord, renforcer la souveraineté financière des pays africains en consolidant leurs systèmes bancaires face aux secousses mondiales.
Ensuite, trouver les moyens de lever des capitaux massifs pour une croissance qui résiste aux chocs.
Troisième axe : transformer l’énorme potentiel démographique du continent, une jeunesse nombreuse et dynamique, en véritable moteur d’innovation. Enfin, miser sur la biodiversité et les crédits carbone pour bâtir une productivité durable. Côté chiffres, la BAD affiche un optimisme mesuré. La croissance du PIB réel moyen en Afrique est passée de 3,5% à 4,2% en 2025, grâce à une meilleure gestion macroéconomique et à un recul de l’inflation. Les projections pour les années à venir sont tout aussi encourageantes : 4,3% en 2026, 4,5% en 2027. Rappelons que la BAD, créée en septembre 1964 à Khartoum et installée à Abidjan, est la première institution multilatérale de développement du continent. Son capital atteint 318 milliards de dollars. L’Algérie, pays fondateur, y a toujours tenu une place active. Les 81 pays actionnaires, 54 africains et 27 non africains, vont maintenant devoir transformer les paroles en actes Le défi est colossal. L’urgence, aussi.
Lotfi L.-E.
Assemblées de la BAD: L’Afrique à la recherche de sa souveraineté financière
