Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, entame ce lundi une visite à Alger pour une mission à double vocation : économique et mémorielle.
Ce déplacement intervient dans un paysage bilatéral toujours marqué par des tensions diplomatiques, même si les échanges entre acteurs économiques se poursuivent.
Conviée par la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, l’ancienne ministre française aura pour objectif principal de dynamiser les partenariats commerciaux et d’encourager les investissements entre les deux pays.
Sa mission s’inscrit dans le cadre des actions de l’Association France-Algérie, organisation historique créée au lendemain de l’indépendance pour maintenir et approfondir les liens entre les deux rives de la Méditerranée.
Au-delà de l’agenda économique, cette visite est porteuse d’attentes fortes sur le plan de la mémoire collective.
Peu après sa prise de fonction, Ségolène Royal a en effet exposé une vision claire pour sortir de l’impasse mémorielle qui pèse sur les relations franco-algériennes.
Lors d’une conférence récente, elle a plaidé pour une approche fondée sur la reconnaissance des faits historiques. Selon elle, une réconciliation authentique nécessite que la France reconnaisse pleinement les crimes de la période coloniale et présente des excuses officielles. Elle appelle également à une restitution complète des biens culturels, des archives et des dépouilles humaines encore conservés en France.
Enfin, elle insiste sur la nécessité d’une transparence totale et d’actions concrètes concernant les séquelles des essais nucléaires français dans le Sahara, demandant notamment l’accès aux archives complètes, une évaluation indépendante des impacts et le lancement de travaux de dépollution. Cette position, qui place la justice historique au cœur du processus de réconciliation, rencontre des préoccupations centrales et de longue date du côté algérien.
En abordant frontalement ces questions sensibles, la visite de Ségolène Royal pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans le dialogue bilatéral, en tentant de concilier la relance des intérêts économiques communs avec l’exigence d’un apaisement mémoriel que l’Algérie considère comme indispensable à une relation sereine et équilibrée entre les deux nations.
F. B.
Algérie-France: Ségolène Royal attendue demain Lundi à Alger pour une mission économique et mémorielle

