La relation retombe au point mort: Alger-Paris, le dégel s’éloigne !

Entre Alger et Paris, c’est le retour à la case départ dans la tension qui caractérise les relations bilatérales. Il est vrai que la crise déclenchée depuis l’été 2024 n’a pas été réglée jusque-là, mais force est de constater que les canaux officiels n’ont pas été de repos ces derniers mois.
Preuve en est, il y a à peine un mois, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait réitéré sa détermination à se rendre en Algérie, malgré les tensions.
Qu’en est-il donc maintenant ? Il faut dire que l’affaire dite de l’émission «Complément d’enquête», diffusée par la chaîne publique de France 2, est en passe de renvoyer les deux pays à quasiment la case zéro. La colère d’Alger ne s’est pas fait attendre d’ailleurs.
La convocation du Chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger par le ministère des Affaires étrangères, a fait comprendre à Paris que l’Algérie n’acceptera pas de se faire rouler dessus par des médias à la solde d’un courant qui semble avoir infiltré les institutions françaises, en l’occurrence l’extrême droite qui se nourrit de la haine anti-Algérie.
Ce qui est présenté comme documentaire «n’est en vrai qu’un tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices», a critiqué le MAE algérien, qui a fait observer au diplomate français l’extrême gravité des faits.
Pour l’Algérie, «l’agissement de la chaîne française en cause représente une nouvelle étape dans
l’escalade des menées anti-algériennes que des milieux officiels français entretiennent à des fins de maintien des relations algéro-françaises dans un état de crise permanent».
Ici, tout est dit. En parlant d’une nouvelle étape dans l’escalade, l’Algérie envoie un message des plus claires à la France, sur la responsabilité de cette dernière quant au maintien de la tension, alors que des tentatives de rétablissement du courant et du dialogue sont enregistrées.
Devant cette situation, l’on imagine mal comment un ministre français pourrait-il atterrir à Alger et être reçu pour discuter de tel ou tel sujet.
L’optimisme de Laurent Nuñez est peut-être trop utopique maintenant que le froid est passé sous 0°C.
Pour le ministre français de l’Intérieur, l’invitation qu’il a reçue de son homologue algérien, Said Sayoud, «est toujours valable», affirmant en décembre dernier, qu’il était «prêt à s’y rendre
dès que les préparatifs seront finalisés».
Hélas, en un mois, tout a changé ! Le calme a laissé place à la colère. Mais, une colère qui n’aurait jamais été piquée par Alger sans la provocation de Paris.
Le constat est tel que les deux pays sont incapables de reprendre langue, malgré les bonnes volontés parfois qui existent des deux côtés. Les réserves soulevées par le Sénat sur certaines dispositions de la proposition portant criminalisation du colonialisme français en Algérie, en est l’une des ces voix qui prônent la sagesse, au même titre que des personnalités françaises comme Ségolène Royal ou encore Dominique De Villepin, pour ne citer que ceux-là. En tout cas, le dégel semble encore très loin…
Farid.B.