Refus de dossiers : la colère du FFS à six semaines du scrutin

La vague de rejets de candidatures a trouvé sa première voix forte. Le Front des forces socialistes a protesté ce lundi, dans un communiqué au ton sévère, contre le traitement réservé à ses dossiers par l’Autorité nationale indépendante des élections. Le parti affirme que la majorité des listes déposées pour le scrutin local du 28 novembre ont été touchées par des refus qu’il juge arbitraires et contraires à la Constitution. Selon le texte, signé du premier secrétaire national Youcef Aouchiche, les têtes de liste, les cadres du parti et les candidats dotés d’un réel ancrage populaire et d’une vraie capacité de mobilisation ont été visés en priorité.

Le FFS y voit des décisions dépourvues de motifs convaincants, qui trahissent à ses yeux la volonté d’influer sur le résultat des urnes et de restreindre le libre choix des partis comme des citoyens.
Le parti met en cause l’application des articles premier et 184 de la loi électorale, qu’il estime sélective, excessive et politiquement orientée. Un texte censé encadrer la compétition deviendrait ainsi, selon lui, un instrument de tri. Il redoute que ces pratiques aggravent la crise de confiance, nourrissent l’abstention et entament la crédibilité du vote avant même son ouverture.

Le FFS élargit aussi son propos. Il décrit une tendance à affaiblir les partis, donc les corps intermédiaires et les espaces de médiation politique et sociale, ce qui ouvrirait la voie aux aventuriers, aux populistes et aux extrémistes de tous bords. Pour lui, une élection, locale ou nationale, ne saurait se réduire à une approche sécuritaire ni à une logique administrative partiale. Elle doit s’inscrire dans un processus politique garantissant neutralité, transparence et égalité des chances.

Le parti demande que l’on cesse de prendre l’éthique de la vie publique comme prétexte à l’arbitraire, et réclame le réexamen de tous les refus sans fondement juridique solide, avec une réhabilitation pleine des candidats lésés. Il appelle les plus hautes autorités à revoir leur approche, et les autres partis à prendre leurs responsabilités pour enrayer cette « dérive ».

F. B.