Al’occasion de la Journée internationale des femmes, la capitale algérienne a offert à ses visiteurs une immersion saisissante dans l’univers de la féminité africaine.
L’exposition «Femme africaine», signée par l’artiste plasticienne Wafa Ouali, a ouvert ses portes dans l’écrin du Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, dévoilant une vingtaine de tableaux où la beauté se conjugue au féminin sur tous les tons.
Dans le hall majestueux du TNA, les cimaises se sont parées d’une collection éclatante où l’aquarelle dialogue avec la peinture à l’huile.
L’artiste, puisant dans sa maîtrise des techniques classiques, a donné naissance à des œuvres où se mêlent audacieusement le réalisme des traits, la fugacité impressionniste et la liberté abstraite.
Chaque toile devient ainsi une fenêtre ouverte sur l’élégance intemporelle de la femme algérienne, parée de ses plus beaux atours traditionnels.
Fidèle à sa démarche artistique, Wafa Ouali a volontairement laissé ses tableaux sans titres, offrant aux visiteurs la liberté d’établir leur propre dialogue avec chaque œuvre.
Cette absence de dénomination préméditée transforme la déambulation en une quête personnelle, où chaque regard pose ses propres mots sur les silhouettes qui se dévoilent.
Les toiles se déploient telles les pièces d’une mosaïque vibrante, tissant des liens subtils entre l’authenticité algérienne et cette touche africaine puisée aux sources vives de l’identité continentale. Les pigments racontent des histoires de femmes, de traditions et d’héritage transmis de génération en génération. Au cœur de cette exposition, la femme algérienne rayonne comme gardienne des valeurs et des coutumes.
Mais l’artiste n’a pas oublié ses sœurs du continent : plusieurs toiles capturent la beauté des femmes africaines dans la simplicité de leur quotidien, célébrant une sororité qui traverse les frontières.
L’architecture traditionnelle fait également une entrée remarquée dans cette galerie à ciel ouvert.
La Casbah d’Alger, avec ses ruelles enchevêtrées, sert d’écrin à des scènes festives où les tenues ancestrales déploient leurs couleurs éclatantes.
Le haïk blanc immaculé côtoie le karakou aux broderies précieuses, tandis que la robe kabyle apporte sa note authentique à ce défilé de mode à travers le temps.
Originaire des montagnes de Béjaïa, Wafa Ouali a forgé son talent sur les chemins de l’autodidaxie. Depuis les premières années 2000, elle multiplie les expositions et enrichit sa pratique au contact d’ateliers créatifs, développant une patte reconnaissable entre toutes.
À travers cette exposition qui se poursuivra jusqu’au 12 mars, l’artiste rend un hommage appuyé au rôle fondamental des femmes dans la préservation du patrimoine, tant matériel qu’immatériel.
Ses pinceaux se font archéologues d’une mémoire vestimentaire riche, immortalisant le burnous, le caftan algérien et tant d’autres trésors textiles qui racontent l’histoire d’un peuple.
Amina S.
Alger célèbre la femme africaine: Voyage pictural au cœur de l’élégance et des traditions

