Aïd El-Adha 2026: L’Algérie sécurise le marché avec l’importation d’un million de moutons

Dans une démarche inédite et résolument sociale, le gouvernement algérien a annoncé l’importation d’un million de moutons pour l’Aïd El-Adha 2026, afin de sécuriser l’approvisionnement en viande rouge et de limiter l’inflation spectaculaire constatée ces dernières années. Cette initiative, dévoilée par le Premier ministre Saïfi Ghrieb lors d’un récent Conseil des ministres, marque une étape stratégique dans la régulation du marché, alors que le cheptel national ne peut à lui seul répondre à la demande croissante des citoyens. Chaque mouton importé devra répondre à un cahier des charges strict : un poids compris entre 40 et 45 kg pour garantir un rendement optimal, un âge minimal de six mois conformément aux préceptes religieux, et un certificat sanitaire attestant de la vaccination complète et de l’absence de maladies épizootiques.
Cette exigence vise à assurer aux consommateurs une viande de qualité supérieure et conforme aux rites religieux de l’Aïd.
L’Algérie diversifie ses sources d’approvisionnement afin de sécuriser la livraison rapide et fiable des bêtes. Les pays privilégiés sont la Roumanie et l’Espagne pour leur proximité géographique, l’Irlande et le Royaume-Uni pour la qualité reconnue de leur cheptel.
D’autres pays comme l’Argentine, le Brésil et le Soudan sont également envisagés sous réserve de conditions logistiques et sécuritaires favorables.
La véritable innovation de cette opération réside dans sa stratégie de distribution, conçue pour contourner les circuits traditionnels de spéculation. La vente des moutons importés sera assurée exclusivement par les coopératives publiques, des points de vente officiels encadrés et les services sociaux des grandes entreprises et administrations. Cette organisation permet aux travailleurs d’acquérir leur mouton directement sur leur lieu de travail, réduisant ainsi les intermédiaires et limitant les risques de hausse excessive des prix.
Le prix du mouton importé sera ainsi plafonné entre 40 000 et 50 000 DA, alors que le mouton local continuera d’être vendu entre 80 000 et 150 000 DA selon le marché.
Le dispositif comprend également un suivi sanitaire rigoureux «du port au point de vente», assuré par les services vétérinaires du ministère de l’Agriculture, pour garantir la santé et la sécurité des consommateurs. L’État, par cette opération, agit comme régulateur principal du marché, protégeant les citoyens contre la flambée des prix et envoyant un signal clair aux éleveurs locaux.
S. A.