La Cour d’Alger a confirmé, ce lundi, la peine prononcée en première instance contre l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de 500 000 dinars. Poursuivi notamment pour « atteinte à l’unité nationale », l’écrivain avait tenu des propos controversés sur un média étranger, évoquant une supposée appartenance d’une partie de l’Ouest algérien au Maroc durant la période coloniale, des déclarations largement considérées comme inacceptables et attentatoires à l’histoire nationale.
Ce verdict, intervenu à l’issue d’un procès en appel, consacre la souveraineté de la justice algérienne et son attachement aux principes d’indépendance et de respect de la légalité républicaine. Ni les pressions médiatiques ni les interventions diplomatiques n’ont influé sur le cours du jugement, preuve de la solidité des institutions nationales face aux tentatives de manipulation extérieure. Arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger, Boualem Sansal est détenu depuis plus de sept mois. Son cas avait rapidement été instrumentalisé en France, notamment par des figures politiques d’extrême droite, dans un contexte de tensions diplomatiques entre Alger et Paris. Face à cette surenchère, la famille de Sansal aurait elle-même demandé la fin des déclarations intempestives, soucieuse de ne pas compromettre les voies légales susceptibles d’aboutir à un dénouement favorable.
L’avocat du concerné, maître Pierre Cornut-Gentille, s’est récemment rendu à Alger, où il a rencontré son client. Selon ses déclarations rapportées par la presse française, l’écrivain, âgé de 80 ans, est « en bonne santé », « bien traité » et conserve « le moral ». Deux options s’offrent désormais à lui : engager un pourvoi en cassation devant la Cour suprême, procédure longue et incertaine, ou se soumettre à la décision de justice et espérer une grâce présidentielle à caractère humanitaire, une possibilité évoquée par son conseil et qui pourrait être envisagée à l’occasion de la fête nationale du 5 juillet.
Comme chaque année, le président de la République peut, par décret, accorder des mesures de grâce à des détenus, en tenant compte de critères stricts liés à l’âge, à la santé et à la nature des faits. Toute décision de cette nature relèverait exclusivement de la volonté souveraine de l’État algérien, dans le respect des lois et de la dignité nationale.
L’affaire Boualem Sansal rappelle l’importance, pour tous, du respect de la mémoire collective, de l’intégrité territoriale et des institutions algériennes. Elle marque aussi un moment de vérité dans le rapport entre les principes fondamentaux de la justice et les tentatives d’ingérence étrangère. L’Algérie, fidèle à ses valeurs et à son histoire, reste résolument attachée à la préservation de sa souveraineté et à l’impartialité de sa justice .
Farid. B.
Affaire Boualem Sansal: Peine de 5 ans de prison ferme confirmée

