Créée en 2016 pour assurer la maintenance de l’éclairage public dans 25 communes de la wilaya de Blida, l’entreprise publique «Mitidja Inara» a pris, au fil des années, un virage que peu auraient anticipé à ses débuts. Installations électriques, gestion des coupures avec Sonelgaz, pose de compteurs, vidéosurveillance : la structure a élargi son champ d’action bien au-delà de sa mission d’origine. Mais c’est l’énergie solaire qui constitue aujourd’hui son terrain de prédilection.
Tout commence en 2018, avec l’installation d’une première centrale photovoltaïque dans une école primaire de Ouled Yaïch, toujours en service, précise le directeur de l’entreprise, Abdelhafid Othmani.
Huit écoles suivront, puis des projets d’éclairage plus ambitieux : la gare routière de Boufarik équipée de 52 panneaux, le parc urbain de Soumaâ alimenté par six centrales solaires, ou encore les routes isolées de Djebabra, où plus d’une centaine de panneaux ont transformé l’accès à des axes autrefois plongés dans le noir. Ce savoir-faire a fini par dépasser les frontières de la wilaya : «Mitidja Inara» intervient désormais dans une vingtaine de wilayas, d’Illizi à Alger en passant par Ouargla et Annaba, où des lampes solaires autonomes, intégrant leur propre batterie, s’imposent comme la solution la plus adaptée aux zones enclavées.
L’expérience n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. À Bouinan, l’ombre portée sur les panneaux et le vol de batteries ont contraint l’entreprise à revoir sa copie, en optant pour des luminaires «intelligents» où la batterie, fixée en hauteur sur le mât, échappe aux convoitises.
Rabah Bourkika, ingénieur et chef du département des travaux, insiste pour sa part sur la nécessité d’une étude préalable rigoureuse, une leçon tirée d’un projet mené après l’échec d’une précédente tentative ailleurs. Reste un obstacle plus difficile à contourner : le coût de maintenance, supérieur à celui de l’éclairage classique, et le manque de personnel qualifié dans les communes.
«Les APC ne sont pas toujours enthousiastes», reconnaît Othmani, qui y voit moins un problème technique qu’un déficit de culture des énergies renouvelables, un chantier qu’il espère voir s’étendre demain aux puits agricoles et au chauffage solaire des mosquées.
L. C.
Blida: «Mitidja Inara» mise sur le tout solaire
