Décès de Noureddine Djoudi, figure emblématique de la diplomatie algérienne

L’Algérie a perdu l’un de ses plus illustres serviteurs. Le doyen des diplomates algériens,
Noureddine Djoudi, s’est éteint ce dimanche à l’âge de 92 ans à l’hôpital militaire d’Aïn Naâdja, emportant avec lui un pan entier de la mémoire diplomatique et révolutionnaire du pays.
Né en 1934, le parcours de ce moudjahid hors norme épouse les contours de l’histoire algérienne. Licencié en littérature anglaise de l’université de Montpellier, il poursuit son cursus à Londres avant de rejoindre les rangs du Front de libération nationale. C’est dans la base Ouest, au Maroc, qu’il intègre l’Armée de libération nationale et les services de la police politique.
Un destin qui le conduira à jouer un rôle discret mais capital dans l’histoire des luttes anticoloniales : celui d’instructeur au maniement des armes pour un certain Nelson Mandela. Cette rencontre entre le FLN et l’ANC, scellée dans les maquis algériens, restera comme l’un des moments forts de la fraternité d’armes entre les peuples d’Afrique.
Après l’indépendance, Noureddine Djoudi consacre sa vie à incarner la diplomatie algérienne sur le continent. De Nairobi à Lagos, de Dar es Salam à Luanda, de Pretoria à Brazzaville, il porte haut les couleurs d’une Algérie résolument tournée vers le soutien aux mouvements de libération. Il côtoie les grandes figures de l’émancipation africaine : Julius Nyerere, Amilcar Cabral, Dos Santos, Modibo Keïta, Kwame Nkrumah. Une proximité avec les pères fondateurs de l’Afrique qui lui vaut d’être élu vice-secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, où il œuvre inlassablement pour la défense des causes justes. Son dernier combat, symbole d’une fidélité sans faille aux idéaux de la révolution, fut d’accepter la présidence de l’Association internationale des amis de la révolution algérienne en 2024.
Une manière, pour celui qui avait tout donné, de continuer à transmettre la flamme.
Le président Tebboune, a adressé ses condoléances à la famille du disparu, saluant la mémoire d’un «diplomate pionnier» dont «l’empreinte distinctive et le professionnalisme élevé» ont marqué tous les postes qu’il a occupés au ministère des Affaires étrangères.
Il a particulièrement tenu à rappeler «l’honneur» qui fut le sien de former Nelson Mandela au maniement des armes durant son séjour dans les camps de l’Armée de libération nationale.
N. C.