Justice spécialisée: L’Algérie forme ses juges pour soutenir l’économie nationale

Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, a procédé ce jeudi à l’inauguration de deux nouvelles infrastructures judiciaires dans la wilaya de Blida : le tribunal de commerce spécialisé de Boufarik et le tribunal administratif d’Ouled Yaïch. Une visite qui a été l’occasion de dévoiler les grandes orientations du secteur pour les années à venir.
Face aux magistrats et aux personnels judiciaires réunis à la cour de Blida, le garde des Sceaux a insisté sur un point central : la nécessité de former des juges parfaitement outillés pour traiter les contentieux commerciaux et administratifs. Car ces juridictions ne siègent pas sur n’importe quels litiges. Elles tranchent des différends qui engagent directement les intérêts des citoyens, des commerçants et surtout des institutions économiques et financières du pays. Derrière ce discours sur la spécialisation des magistrats se dessine une vision plus large : celle d’une justice qui se veut partenaire du développement économique. Le ministre a été clair : une justice performante n’est pas seulement une exigence démocratique, c’est aussi un levier pour attirer les investisseurs et stimuler la croissance nationale. Les entrepreneurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, ont besoin de savoir que leurs différends seront tranchés rapidement par des juges compétents.
Dans cette optique, Lotfi Boudjemaâ a mis l’accent sur un outil encore trop peu utilisé : la conciliation. Il y voit un moyen « efficace et souple » pour régler les litiges commerciaux sans passer par de longues procédures judiciaires. Les contentieux bancaires et les affaires de dettes, notamment, gagneraient à être traités par cette voie, plus rapide et moins coûteuse. L’objectif affiché est double : désengorger les tribunaux et offrir des solutions plus adaptées aux réalités économiques.
Autre chantier majeur évoqué lors de cette visite : la numérisation de la justice. Sur ce point, le ministre a salué l’engagement des organisations d’avocats, qu’il considère comme des « partenaires incontournables » dans la modernisation du secteur.
Car la transformation numérique ne se décrète pas, elle se construit avec ceux qui l’utilisent au quotidien. Les avocats, premiers concernés par les nouvelles procédures dématérialisées, sont appelés à jouer un rôle actif dans cette mutation. Au-delà des discours, cette visite a aussi permis au ministre de prendre le pouls des juridictions locales. Rencontres avec les magistrats, échanges avec les fonctionnaires, inspection du fonctionnement courant des services : Lotfi Boudjemaâ a voulu voir concrètement comment se traduit l’activité judiciaire sur le terrain .
Anais.G.