Alors que l’opération militaire conjointe menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran est entrée dans son troisième jour, la région est au bord de l’embrasement. Les frappes se sont intensifiées ce lundi avec une action israélienne d’une ampleur inédite au cœur de Téhéran, tandis que l’Iran revendique des tirs de missiles ayant visé le bureau du Premier ministre sioniste. Le bilan humain, déjà très lourd, ne cesse de s’alourdir alors que la communauté internationale appelle à la retenue.
Une frappe «israélienne d’envergure au centre de Téhéran
L’armée sioniste a annoncé hier lundi avoir mené une nouvelle opération majeure contre la République islamique. Dans un communiqué, Tsahal déclare que son armée de l’air, épaulée par les services de renseignement, a lancé «une nouvelle frappe d’envergure contre des cibles du régime terroriste iranien en plein cœur de Téhéran».
De «fortes explosions» dans plusieurs quartiers de la capitale ont été entendus. Selon les premiers témoignages, ces déflagrations, qui se poursuivent par intermittence, ont secoué des bâtiments résidentiels du centre-ville ainsi que des secteurs à l’est de la métropole.
Téhéran revendique des tirs de missiles sur les bureaux de Netanyahou
En réponse à l’escalade, les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir ciblé des symboles du pouvoir sioniste.
Dans un communiqué relayé par l’agence de presse Fars, ils indiquent que leurs missiles, notamment des Kheibar, ont visé «les bureaux du Premier ministre criminel du régime sioniste [Benjamin Netanyahu] et le quartier général du commandant de l’armée de l’air».
Si l’entité sioniste n’a pas encore commenté ces affirmations, cette annonce marque une escalade symbolique majeure, démontrant la volonté de l’Iran de frapper des centres de décision stratégiques.
Bilan humain : 555 morts en Iran selon le Croissant-Rouge
Le Croissant-Rouge iranien a communiqué un bilan provisoire particulièrement lourd. Dans un message publié sur Telegram, l’organisation humanitaire fait état d’au moins 555 personnes tuées à travers le pays depuis le début des frappes israélo-américaines il y a trois jours. «À la suite de l’attaque menée dans différentes régions, 131 villes ont été touchées et, malheureusement, 555 de nos compatriotes ont été tués», a déclaré l’organisation.
Ces frappes avaient été initiées samedi dernier par une attaque conjointe des États-Unis et d’Israël sur Téhéran et plusieurs autres villes, qui a coûté la vie au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi qu’à des commandants militaires de haut rang et des civils.
L’Iran refuse toute négociation et accuse Trump de «sacrifier» ses soldats
Sur le plan diplomatique, la ligne dure prévaut à Téhéran. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a fermement démenti les rumeurs de possibles pourparlers avec Washington. «L’Iran ne négociera pas avec les États-Unis», a-t-il martelé sur X, en réponse à un article du Wall Street Journal.
Dans un message virulent, M. Larijani a attaqué directement le président américain, l’accusant de plonger la région dans le chaos. «Avec ses actions délirantes, Trump a transformé son slogan “America First” en “Israel First” et a sacrifié des soldats américains pour la quête de pouvoir d’Israël», a-t-il déclaré, alors que le Pentagone a déjà confirmé la mort de trois militaires américains.
Trump promet une campagne «de quatre semaines, voire moins»
Depuis Washington, le président Donald Trump a brisé le silence sur les pertes américaines. Lors d’un entretien exclusif avec le Daily Mail, il a reconnu la mort de trois soldats, les premières de son second mandat, et a justifié l’opération.
Interrogé sur la durée potentiel du conflit, le locataire de la Maison-Blanche s’est voulu à la fois déterminé et mesuré. «On a toujours prévu une durée de quatre semaines. On s’attend à environ quatre semaines. […] Aussi puissant soit-il, c’est un grand pays, ça prendra quatre semaines, voire moins», a-t-il confié.
M. Trump a également révélé s’être entretenu avec les dirigeants de plusieurs pays clés de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie, cherchant probablement à consolider un front régional face à l’Iran.
L’Europe condamne et appelle à la désescalade
Face à ce dangereux engrenage, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à «travailler sans relâche» pour éviter une propagation du conflit. Condamnant avec «la plus grande fermeté» les «attaques irresponsables» de l’Iran et de ses alliés (visant notamment une raffinerie saoudienne et une base britannique à Chypre), elle a insisté sur la nécessité de préserver « la stabilité de la région». «La seule solution durable est la voie de la diplomatie», a-t-elle déclaré, un appel qui semble pour l’instant inaudible face au fracas des armes et des déclarations guerrières.
Malik M.
