Tripartisme:Après dix ans d’absence, le dialogue social s’apprête à renaître en Algérie

Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Amar Takdjout, a annoncé la tenue imminente d’une rencontre tripartite réunissant gouvernement, syndicat et patronat.
Cette réunion, dont la tenue était initialement prévue la semaine dernière avant d’être reportée, marquerait la renaissance d’un dialogue social interrompu depuis une décennie.
Au cœur des discussions : la consolidation du dialogue social, l’élaboration d’une approche globale pour l’emploi et le développement économique, fondée sur la complémentarité et le partenariat. Mais au-delà des grandes orientations, c’est un sujet brûlant qui devrait animer les échanges.
Amar Takdjout entend interpeller les employeurs, publics comme privés, sur une question qui lui tient particulièrement à cœur : l’application des décisions de justice rendues en faveur des travailleurs.
Le ton est grave. Le syndicaliste ne cache pas son amertume face à ce qu’il considère comme un véritable blocage. Des dizaines de jugements favorables aux salariés resteraient lettre morte, dans des secteurs variés. Une situation qu’il qualifie de «pesante» et qui, confie-t-il, pourrait même le conduire à quitter ses fonctions si aucune avancée significative n’intervient. «Je ne suis pas celui qui applique les décisions de justice, mais je suis celui qui doit défendre les droits des travailleurs», a-t-il souligné, laissant transparaître un sentiment d’impuissance face à l’inexécution des verdicts judiciaires.
Cette première rencontre, présentée comme préparatoire, devra déterminer les contours du futur dialogue social. S’agira-t-il d’un cadre permanent et régulier, ou d’une instance conjoncturelle réunie selon les besoins et les dossiers urgents ?
La réponse à cette question conditionnera sans doute la portée réelle de ce retour au tripartisme.
Après dix années de silence institutionnel, ce rendez-vous tripartite porte en lui l’espoir d’une refondation des relations sociales en Algérie. Reste à savoir si les bonnes intentions affichées se traduiront par des avancées concrètes pour les travailleurs et par une relance durable du dialogue entre les trois partenaires essentiels de la vie économique nationale .
F. B.