55 ans de souveraineté énergétique,70 ans de combat syndical: Le 24 février, jour de fierté nationale

ILest des dates qui, dans la mémoire d’une nation, concentrent l’essentiel de ce qu’elle est et de ce qu’elle aspire à devenir. Le 24 février est de celles-là. En ce mardi, l’Algérie commémore simultanément le 55e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures et le 70e anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Deux événements en apparence distincts, mais qui puisent à la même source : la volonté farouche d’un peuple de maîtriser son destin.
Le 24 février 1971, Houari Boumediene annonçait la nationalisation des hydrocarbures.
C’était un acte de souveraineté pure, presque un défi. L’Algérie, treize ans seulement après son indépendance, osait reprendre le contrôle de ses richesses aux géants pétroliers français.
Cinquante-cinq ans plus tard, la justesse de cette décision ne se discute plus. Elle a permis de bâtir une industrie énergétique parmi les plus performantes au monde, de financer le développement du pays et d’asseoir une indépendance économique qui reste le socle de toutes les ambitions nationales. Cette année, la célébration prend une résonance particulière. L’Algérie n’est plus dans la simple exploitation de sa rente. Elle est engagée dans une dynamique de transformation profonde. Le programme d’investissement de 60 milliards de dollars que Sonatrach déploie pour la période 2025-2029 ne vise pas seulement à produire plus, mais à mieux valoriser. L’objectif est clair : porter le taux de transformation des hydrocarbures de 32 à 50% d’ici 2029. Cela signifie créer de la valeur ici, chez nous, plutôt que d’exporter brut pour acheter cher des produits transformés ailleurs. Les projets structurants se multiplient dans ce cadre : raffinerie de Hassi Messaoud, unités pétrochimiques à Arzew et Skikda, mégaprojet de phosphate à Tébessa et Souk Ahras, exploitation du fer de Gara Djebilet. Chacun de ces chantiers incarne la même philosophie : valoriser les ressources locales, diversifier l’économie, préparer l’après-pétrole. L’Algérie ne renonce pas aux hydrocarbures, mais elle apprend à ne plus en dépendre exclusivement.

L’UGTA à 70 ans : hommage aux bâtisseurs de l’Algérie sociale
Mais le 24 février, c’est aussi une autre histoire, plus ancienne encore. Celle de l’UGTA, créée le 24 février 1956 en pleine guerre de Libération. Soixante-dix ans plus tard, l’organisation syndicale incarne la mémoire vivante du combat des travailleurs pour l’indépendance et pour l’édification nationale.
Dès les premières heures de la Révolution, les syndicalistes ont compris que la libération politique ne pouvait se séparer de la justice sociale.
La grève des huit jours, en janvier-février 1957, reste l’illustration la plus éclatante de cet engagement :
des milliers de travailleurs ont sacrifié leur salaire pour répondre à l’appel du FLN, défiant l’armée coloniale et affirmant que la cause nationale était aussi la leur.
Après l’indépendance, l’UGTA a poursuivi ce combat sur un autre terrain : celui de la construction d’un État social, fidèle aux principes de la Déclaration du 1er Novembre 1954.
Aujourd’hui encore, cet héritage irrigue les politiques publiques. Sous l’impulsion du président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie consolide sans relâche le caractère social de l’État.
Les mesures récentes en témoignent : revalorisation du SMIG à 24 000 dinars, augmentation des pensions de retraite, extension du congé de maternité à cinq mois, intégration massive d’enseignants contractuels, réduction de l’âge de départ à la retraite pour le corps enseignant. Ces décisions ne relèvent pas de la simple gestion sociale. Elles incarnent une vision où le travailleur n’est pas un variable d’ajustement, mais la finalité même de l’effort collectif.
Ce double anniversaire, célébré le même jour, dit quelque chose d’essentiel sur l’Algérie. Il dit que la souveraineté nationale ne se décrète pas seulement par des actes politiques, mais qu’elle se construit aussi par le travail quotidien, par l’engagement des hommes et des femmes qui tiennent le pays debout.
Il dit que la richesse du sous-sol ne vaut que si elle sert à élever le niveau de vie de ceux qui vivent à la surface. Il dit, enfin, que la mémoire et le projet sont inséparables .
Farid B.