Lors d’un bilan dressé sur les ondes de la Radio algérienne, Ibrahim Djribia, président de la chambre d’agriculture d’Alger, a annoncé que l’agriculture nationale couvre désormais plus de 75% de la production alimentaire du pays. Une dynamique portée par des filières performantes comme les agrumes et le maraîchage, où «la ménagère ne revient pas du marché avec le couffin vide».
Trois secteurs restent au cœur des efforts pour atteindre l’autosuffisance : les céréales, le lait et la viande rouge. Pour les céréales, l’objectif est de répondre à la demande nationale de 9 millions de tonnes, en s’appuyant notamment sur les ressources hydriques du Sud et les compétences locales en sélection de
semences. Des projets structurants, comme le programme Baladna avec le Qatar (à partir de 2026) et un partenariat italien à Timimoun sur 36 000 hectares, sont également cités comme leviers d’avenir.
Le secteur s’organise grâce à la numérisation : une plateforme nationale identifie désormais les agriculteurs et leurs productions, et une carte professionnelle avec QR code est à l’étude.
Par ailleurs, des filières comme la pomme connaissent une «émergence spectaculaire», notamment dans les wilayas de Khenchela et Batna, qui produisent plus de 4 millions de quintaux. Djribia soulève deux enjeux majeurs : la régulation des prix entre producteur et consommateur, et l’urgence de résoudre la question du foncier agricole pour favoriser l’investissement.
Il plaide pour une meilleure concertation entre agriculture et commerce, et pour que la recherche soit davantage ancrée dans la réalité du terrain.
N. C.
Souveraineté alimentaire: L’Algérie produit plus de 75% de ses besoins agricoles
