Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chemseddine Hafiz, a pris position avec fermeté contre le rapport sur «l’islamisme» présenté par des sénateurs du parti Les Républicains, qualifiant ses recommandations de «dangereuses remises en cause des libertés fondamentales».
Dans une déclaration solennelle, l’institution islamique a exprimé sa profonde inquiétude face à des propositions qui «stigmatisent l’ensemble des musulmans de France» et «menacent la cohésion sociale».
Le recteur Hafiz, représentant l’Algérie – pays fondateur de la Mosquée de Paris – a rappelé avec éloquence que «la laïcité garantit la liberté de conscience et non son restriction».
Parmi les recommandations les plus controversées du rapport, la Mosquée de Paris a vivement condamné l’idée d’interdire le port du hijab pour les mineures de moins de 16 ans et de restreindre la pratique du jeûne du Ramadhan.
«Le jeûne est un pilier de l’islam qui ne s’applique qu’à partir de la majorité religieuse», a précisé le recteur, soulignant «l’incompétence des rédacteurs en matière de théologie musulmane».
Le recteur Hafiz a dénoncé avec vigueur la logique sécuritaire qui sous-tend le document : «Veut-on instaurer une police de la foi qui contrôlerait ce qui se passe dans les foyers ? Qui surveillerait l’assiette des enfants pendant le Ramadhan ?». Pour le représentant du culte musulman, ces propositions créeraient «un régime d’exception pour une communauté spécifique», contraire aux valeurs républicaines.
Fidèle à sa tradition de modération et de dialogue, la Mosquée de Paris, sous l’impulsion de son recteur algérien, a appelé à «un débat serein» plutôt qu’à «la suspicion généralisée».
L’institution a rappelé son attachement indéfectible à la loi de 1905 et au modèle français de laïcité, tout en rejetant «toute instrumentalisation politique de la question religieuse» .
N. C.
Islam :La Mosquée de Paris dénonce un rapport sénatorial «liberticide»
