Cafouillage au gouvernement Lecornu sur la relation Algérie-France: Après Retailleau, Tabarot!

Au moment où l’on commençait à entrevoir, dans le nouveau gouvernement français, des signes de bonne foi en direction de l’Algérie, avec un ministre de l’Intérieur plutôt favorable à la reprise du dialogue entre les deux pays, voilà que l’un de ses camarades pousse encore au pourrissement. Dans le gouvernement Sébastien Lecornu 2, il n’y a certes pas un Bruno Retailleau, pour déverser son venin sur l’Algérie, mais il y a visiblement pire : un héritier de l’OAS, cette organisation armée secrète qui a semé la terreur et commis des massacres contre les algériens en 1962 alors que les Accords d’évian mettaient fin à la guerre. Le ministre français des Transports, outrepassant ses prérogatives sectorielles, s’est laissé emporter dans un dérapage qui n’aide pas à un retour à la normal entre Alger et Paris. Pour Philippe Tabarot, la France «n’a pas à s’excuser» pour ses crimes coloniaux commis durant la guerre de libération nationale. «On n’a pas à s’excuser du passé et on n’a pas à s’excuser du présent», a lâché le ministre, vendredi dernier sur le plateau de la chaîne d’extrême droite CNews, plaidant pour une reprise des relations avec l’Algérie dans le cadre d’une coopération «qui (soit) indispensable», mais «avec une position de fermeté». À l’entendre, on dirait un «Bruno Retailleau bis» ! Le chef des LR désormais éjecté de place Beauvau à la faveur du dernier remaniement du gouvernement dans une France en crise politique aiguë, s’était imposé, rappelons-le, comme véritable meneur de la politique extérieur de Paris envers Alger. Par ses menaces et son discours de «fermeté», mais aussi son implication directe dans l’instrumentalisation de la justice pour arrêter un diplomate algérien, les relations bilatérales ont atteint un point de non retour.
il y a quelques jours, son successeur en poste, Laurent Nuٌez, a déclaré vouloir renouer «le dialogue» avec l’Algérie. «Je comprends que la tension qu’il y a actuellement avec l’Algérie fait qu’on n’a plus de relation sécuritaire avec eux, d’échanges sécuritaires. Pour un ministre de l’Intérieur, c’est un problème (…) il faudra à un moment qu’on reprenne le dialogue avec les Algériens sur les questions de sécurité, d’échanges d’informations», avait-il soutenu. Des propos interprétés comme une «main tendue» envers Alger pour repartir sur de bonnes bases et évoquer dans le calme les questions qui bloquent.
Hélas, voilà que le ministre français des Transports relance les hostilités, bien que du côté algérien, l’on n’a pas prêté d’intérêt à ses propos. Car en vrai, ce sinistre membre du gouvernement français est tombé dans le péché de son propre père, Robert Tabarot, un des dirigeants de l’Organisation armée secrète (OAS) à Oran.
Cette organisation terroriste s’opposait en 1962 à l’indépendance de l’Algérie, à travers des attentats contre tout ce qui est algérien. Partisan de «l’Algérie française» et nostalgique à l’eldorado algérien qui a échappé à la France, Philippe Tabarot vient réaffirmer une fois de plus, que les voix de la haine ont de beaux jours dans une France qui se laisse dévorée par l’extrême droite .
Farid B.