Ahmed Attaf :«L’Afrique ne transige plus sur ses revendications»

Dans une conférence de presse dense et stratégique tenue ce samedi à Alger, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a livré une série de déclarations fortes sur les ambitions du continent africain, le rôle de l’Algérie dans sa renaissance économique, la coopération internationale, et les rumeurs de tensions diplomatiques avec le Mali. À travers ses propos, se dessine une vision claire : celle d’une Algérie engagée, influente et résolument tournée vers l’avenir du continent.

« L’Afrique ne transige plus sur ses revendications»
D’entrée de jeu, Ahmed Attaf a affirmé que l’Afrique ne se résigne plus à son sort et refuse désormais de jouer les seconds rôles sur la scène internationale. «Aujourd’hui, l’Afrique ne se résigne plus à son sort, ni transige sur ses revendications», a-t-il asséné, soulignant que les pays du continent ne veulent plus demeurer en orbite des marchés mondiaux ni se contenter d’une place marginale dans les institutions financières internationales telles que le FMI ou la Banque mondiale.
Le ministre a insisté sur l’ambition collective des États africains de bâtir des partenariats équilibrés, fondés sur le respect mutuel et le partage équitable des bénéfices.
Il a salué les actions concertées des pays du continent, qui ont permis des avancées concrètes, notamment l’intégration de l’Union africaine au sein du G20. Une étape qu’il considère comme stratégique pour tisser des liens solides avec les grandes économies mondiales, harmoniser les législations et établir un cadre institutionnel adapté aux défis contemporains.

L’IATF 2025 : un choix stratégique, une réussite continentale
Revenant sur la 4ᵉ édition de la Foire du Commerce intra-africain (IATF), récemment organisée à Alger, Ahmed Attaf a tenu à rappeler que l’accueil de cet événement n’était en rien fortuit. «La décision d’abriter l’IATF était réfléchie», a-t-il affirmé, précisant qu’elle répondait à une volonté politique claire du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de positionner l’Algérie comme acteur central dans le repositionnement de l’Afrique sur la scène internationale.
Le ministre a salué la réussite éclatante de cette édition, unanimement reconnue par les institutions continentales. Il a mis en lumière la valeur exceptionnelle des contrats signés, qui ont atteint 48,3 milliards de dollars, dont 11,4 milliards pour l’Algérie.
Il a également souligné que cette dynamique reflète l’implication pleine et entière de l’Algérie dans le processus de renaissance économique du continent. Selon lui, trois paramètres ont guidé le choix d’accueillir l’IATF, le plus important étant la volonté présidentielle de faire de l’Algérie un pilier du développement africain et un catalyseur de partenariats structurants.

Coopération algéro-italienne : un modèle à suivre
Interrogé sur les relations internationales de l’Algérie, Ahmed Attaf a salué le partenariat avec l’Italie, le qualifiant d’«excellent» et de «dynamique». Il a affirmé que parmi les partenariats proposés au continent africain, celui avec l’Italie est le plus influent, car il repose sur des projets concrets et structurants. Il a mis en avant la diversification des investissements dans le secteur énergétique,notamment l’approvisionnement en gaz naturel, ainsi que les grands projets impulsés par la dynamique algéro-italienne, tels que l’hydrogène vert, la fibre optique et d’autres initiatives à portée européenne.
Selon lui, cette relation bilatérale s’est hissée aux premiers rangs en quelques années seulement, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Le ministre a invité les autres pays à s’inspirer de ce modèle de partenariat mutuellement bénéfique, fondé sur la confiance, la complémentarité et la vision stratégique.

Coopération Sud-Sud : l’Algérie fidèle à ses engagements
Ahmed Attaf a également réaffirmé l’attachement de l’Algérie à la coopération Sud-Sud, qu’il considère comme un pilier fondamental de la politique étrangère nationale. Il a rappelé que cette forme de coopération est au cœur des relations de l’Algérie avec le Groupe des 77, représentant les pays en développement, dont la création remonte à Alger. Pour le ministre, cette coopération repose sur une action constante visant à promouvoir les intérêts communs des pays du Sud, à renforcer leur
autonomie stratégique et à consolider leur voix dans les instances internationales.

Rumeurs de plainte malienne : l’Algérie dément formellement
Enfin, Ahmed Attaf a tenu à clarifier les informations relayées par certains médias concernant une
supposée plainte déposée par le Mali auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ), à la suite de l’incident du drone armé malien abattu par l’Algérie après la violation de son espace aérien.
Le ministre a été catégorique : «Il n’existe aucune requête du Mali auprès de la CIJ. Quand il y a une plainte contre un pays, celui-ci est officiellement informé».
Il a précisé que l’Algérie n’a reçu aucune notification à ce sujet et que la CIJ elle-même a démenti l’existence d’une telle requête. Il a ajouté que son ministère a pris l’initiative de contacter directement la Cour dès la diffusion de cette information afin d’en vérifier la véracité. «Il n’y a absolument rien sur cette affaire», a-t-il conclu.

Une diplomatie affirmée, une vision continentale
À travers cette série de déclarations, Ahmed Attaf a réaffirmé la posture stratégique de l’Algérie : celle d’un pays qui assume son rôle moteur dans une Afrique qui s’affirme, qui refuse la marginalisation, et qui œuvre pour une coopération fondée sur le respect, la souveraineté et le développement partagé.
Une diplomatie active, lucide et résolument tournée vers l’avenir .
Malik M.