Lourd réquisitoire en appel contrel’écrivain franco-algérien:Affaire Sansal : une semaine décisive !

Le procès en appel de l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, qui s’est ouvert, hier, n’a pas été en sa faveur. L’auteur de «2084, la fin du monde», dont les propos à l’origine de son arrestation à l’aéroport d’Alger mi-novembre 2024, risque une peine encore plus lourde qu’en première instance.
En effet, le parquet de la Cour d’Alger a requis contre l’écrivain naturalisé français, une peine de
10 ans de prison ferme assortie d’une amende de 1 million de dinars. Un réquisitoire pour le moins pas surprenant, et est le même que celui qui avait été demandé en première instance. Boualem Sansal devra attendre toutefois une semaine pour connaître le verdict à son encontre, mis en délibéré pour le 1er juillet prochain. D’ici là, c’est une semaine décisive qui s’annonce dans les relations algéro-françaises, faut-il l’admettre. Et pour cause, la France, du moins les responsables au pouvoir acquis à l’extrême droite haineuse, accordent une attention particulière à la sentence contre Sansal.
Bruno Retailleau, ministre français de l’Intérieur qui en fait du sujet « Algérie » un programme électoral en vue de remporter la course à l’Elysée en 2027, s’est imposé depuis des semaines un silence pour dit-il,
« ne pas aggraver le cas de (son) ami emprisonné ». Mais, il affirmait qu’il s’exprimera dès que le verdict aura été prononcé. C’est dire de la sensibilité du dossier dont l’issue aura sans doute, des conséquences sur les relations entre Alger et Paris. Une peine réduite serait « bon signe » pour la France. Toutefois, une
sentence aggravée sera interprétée comme un message de défiance. Mais, ce que les responsables français refusent d’admettre, eux qui défendent pourtant la séparation des pouvoirs, c’est l’indépendance de la justice algérienne devant laquelle est déféré l’écrivain. Boualem Sansal condamné le 27 mars dernier, par le tribunal de Dar El Beida, à une peine de cinq ans de prison ferme, assortie d’une amende de 500 000 dinars, est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation : «atteinte à l’unité nationale, outrage à corps constitué, pratiques de nature à nuire à l’économie nationale et détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays ». À l’origine de ces charges, ses déclarations tenues quelques semaines avant son déplacement en Algérie en novembre 2024, lors d’une interview au média d’extrême-droite ‘’Frontières’’, estimant qu’au moment de la colonisation française, une partie du territoire marocain aurait été annexée à l’Algérie. Des allégations remises en cause et corrigées par des historiens, y compris français, à l’image de Benjamin Stora, ‘’Monsieur histoire’’ du président Emmanuel Macron dans le cadre de la commission mixte sur la mémoire. D’ailleurs, conscient de cette bourde, le chef d’Etat français n’a, à aucun moment commenté ces déclarations, se contentant d’appeler le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à user de son pouvoir de grâce pour « libérer un homme âgé et malade » par geste humanitaire. Réponse dans une semaine .
Farid B.