Idir, cinq ans déjà ! L’écho éternel d’une voix kabyle universelle

Cinq années se sont écoulées depuis la disparition, le 2 mai 2020, d’Idir, figure emblématique de la chanson algérienne d’expression kabyle et ambassadeur d’un patrimoine culturel riche et profondément enraciné. Décédé à l’âge de 71 ans en pleine crise sanitaire de la Covid-19, Idir — de son vrai nom Hamid Cheriet — laisse derrière lui une œuvre musicale d’une rare beauté, nourrie de mémoire, de poésie et de modernité. Né en 1949 à Aït Lahcène, village niché au cœur des montagnes d’Ath Yenni dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Idir fut d’abord destiné à une carrière scientifique, étudiant la géologie avant que le destin ne le propulse vers la scène musicale.
À 24 ans, il enregistre la chanson « A Vava Inouva », inspirée d’un conte kabyle, qui deviendra instantanément un hymne planétaire, diffusé dans 77 pays et traduit en plus de 20 langues. Ce succès inaugural fera de lui le porte-voix de toute une culture, à la fois enracinée et ouverte sur le monde.
Durant près d’un demi-siècle de carrière, Idir a su allier traditions orales ancestrales et sonorités modernes, mêlant instruments classiques et rythmes universels pour porter haut les couleurs de l’Algérie et de l’amazighité. Son œuvre, exigeante, délicate et profondément humaine, est marquée par un perfectionnisme constant. Albums après albums — A Vava Inouva (1976), Les Chasseurs de Lumières (1993), Identités (1999), Deux Rives, un Rêve (2002), Entre Scènes et Terres (2005), jusqu’à Ici et Ailleurs (2017) — il a façonné une discographie sincère, vivante et lumineuse.Idir, c’est aussi l’artiste du dialogue et du partage. Ouvert à toutes les cultures, il a multiplié les rencontres musicales avec des artistes algériens et étrangers, contribuant ainsi à tisser des ponts entre les peuples.
Il a chanté l’amour, la terre, la transmission, la douleur de l’exil, la quête d’identité… autant de thèmes universels qu’il a su rendre intimes grâce à sa voix douce et apaisante.Installé en France, Idir s’est produit une dernière fois en Algérie en 2018, à la Coupole du complexe olympique Mohamed Boudiaf, lors des célébrations de Yennayer, le Nouvel An amazigh. Ce retour fut vécu comme un moment d’émotion intense, une communion avec un public resté fidèle malgré le long silence. Sa disparition a endeuillé bien au-delà de la communauté kabyle. En Idir, l’Algérie perdait un poète de l’âme, un artisan de la mémoire, un musicien de la paix. Mais son héritage, lui, ne s’éteint pas. Il vit encore, dans les foyers, dans les montagnes, dans les souvenirs, et dans cette chanson qui, depuis un demi-siècle, continue d’émerveiller les générations : A Vava Inouva.Idir n’est plus, mais sa voix, elle, résonnera à jamais .
Amina.S.

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