Le classement du parc culturel de la Saoura au registre du patrimoine culturel national marque une étape majeure pour la préservation et la valorisation du riche héritage matériel, immatériel et naturel de cette région saharienne. Supervisé par le ministre de la Culture et des Arts, Zouhir Ballalou, ce classement couvre une superficie impressionnante de 92 014 hectares, s’étendant d’Oued-Lakhdar au nord de Bechar jusqu’à Ksabi, au sud de Béni-Abbès.
Ce territoire exceptionnel, qui abrite des vestiges remontant à l’âge de pierre ainsi qu’une architecture ksourienne traditionnelle en terre, devient ainsi un espace protégé où gravures rupestres, sites historiques et biodiversité unique seront sauvegardés. Parmi ses trésors figurent les stations de gravures rupestres de Marhouma, Taghit, Abadla et Rosf-Ettayba, ainsi que des lieux chargés d’histoire comme la grotte de Laghrota, ancien refuge de l’Armée de libération nationale (ALN).
Avec ce nouveau parc, le réseau national des parcs culturels algériens s’étend désormais sur plus d’un million de kilomètres carrés, soit près de 44 % du territoire. Il rejoint ainsi les prestigieux parcs de l’Ahaggar, du Tassili N’Ajjer, de l’Atlas saharien, de Tindouf et du Touat-Gourara-Tidikelt. Pas moins de 76 ksour, dont ceux de Béni-Abbès, Taghit et Kenadza – déjà classés au patrimoine national – renforcent la singularité de ce patrimoine architectural préservé. Au-delà de sa dimension culturelle, le parc de la Saoura joue un rôle crucial dans la protection d’une biodiversité remarquable. Plus de 200 espèces végétales, dont une vingtaine endémiques, y cohabitent avec une faune adaptée aux milieux arides, comprenant 107 espèces d’oiseaux, parmi lesquelles le flamant rose, le faucon pèlerin ou encore le traquet à tête blanche. Sur le plan immatériel, la Saoura vibre au rythme de ses traditions artistiques : poésie melhoun, musiques diwane et maya, chants religieux et danses ancestrales comme le Houbi ou la danse du Baroud. Autant d’expressions culturelles qui font de cette région un véritable conservatoire vivant des arts populaires sahariens. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités algériennes de renforcer la protection du patrimoine national sous toutes ses formes. En plus d’offrir un cadre propice à la recherche scientifique, le parc culturel de la Saoura se veut un outil pédagogique pour sensibiliser le public à l’importance de préserver cet héritage plurimillénaire. Une reconnaissance à la hauteur de la richesse d’un territoire où histoire, nature et traditions se conjuguent pour écrire l’une des plus belles pages du patrimoine algérien.
Amina.S

