L’Algérie a dénoncé la visite de la ministre française de la Culture dans les territoires occupés du Sahara occidental, dont la prétendue «souveraineté marocaine» a été reconnue par la France en juillet 2024.
«La visite d’un membre du gouvernement français au Sahara occidental est une affaire extrêmement grave. Elle appelle condamnation et dénonciation à plus d’un titre, car elle traduit un mépris flagrant de la légitimité internationale de la part d’un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU », a écrit, hier, le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, dans un communiqué, soit 24 heures après le déplacement de Rachida Dati, dans les villes de Laâyoune et Dakhla occupées. Un acte qui ne favorise pas la désescalade entre Alger et Paris dont les relations bilatérales ne tiennent qu’un »cheveux de Mouaâouiya » pour reprendre les termes du Président Abdelmadjid Tebboune sur le sujet. Alors que des voix s’élèvent pour asseoir un climat apaisé, voilà que Paris s’enfonce dans la provocation. En effet, Rachida Dati, ministre de la Culture s’est rendue lundi dans les villes de Tarfaya, Laâyoune et Dakhla. Pire encore, Dati qui est d’origine marocaine, «a inauguré à Dakhla l’antenne panafricaine de l’Institut supérieur de management et de communication (ISMAC) qui accueillera ses premiers étudiants en 2025», selon le site de son département ministériel. Bien que le ministère
français des Affaires étrangères ait réitéré dans un contexte de tension entre Alger et Paris, que la
politique extérieure de la France se décide au Quai d’Orsay sous l’autorité de l’Elysée, il est impensable qu’un tel déplacement ne soit pas approuvé en haut lieu. Et Alger a bien compris «la pique»,
d’où la virulente réaction du MAE. «Cette visite pousse également à consolider le fait accompli marocain au Sahara occidental, une terre où le processus de décolonisation n’est pas achevé et une terre dont le peuple n’a pas encore pu exercer son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination », estime le ministère, ajoutant que la même visite «provocatrice» renvoie «une image répugnante de solidarité et de coopération entre les puissances coloniales, anciennes et nouvelles». «Ce faisant, le gouvernement français s’exclut clairement et ouvertement des efforts des Nations Unies visant à accélérer le règlement du conflit du Sahara occidental sur la base du strict et sincère respect de la légitimité internationale», conclut Alger. À la France désormais de tirer les conclusions de cette réaction de l’Algérie et de mettre un trait sur les espoirs de retour à la normale tant que des ministres d’extrême droite dont le seul souci est de s’attaquer à l’Algérie, continuent de guider sa politique étrangère, face à un silence complice d’Emmanuel Macron rongé, lui aussi, par le seul souci de rester au pouvoir et de terminer son mandat .
Farid B.
L’Algérie dénonce la visite de la ministre française Rachida Dati au Sahara occidental: La «provocation» de trop
