Bataille diplomatique autour de l’accord UE-Algérie : L’Algérie ne se laissera pas dicter sa loi

De manière regrettable, le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau a tenté d’instrumentaliser l’affaire de l’écrivain Boualem Sansal pour faire pression sur l’Algérie.
En exprimant l’espoir que les pays européens ne signent pas la révision de l’accord demandée par Alger tant que Sansal ne sera pas libéré, Retailleau s’immisce une nouvelle fois dans les affaires intérieures algériennes, perpétuant une posture néo-coloniale indigne d’un État moderne.

L’UE refuse la mainmise française
Heureusement, l’Union européenne semble avoir pris ses distances avec cette approche unilatérale et belliqueuse prônée par la France. Moins de 48 heures après les déclarations controversées de Retailleau, l’ambassadeur de l’UE en Algérie, Diego Millado, a réaffirmé la volonté de renforcer le partenariat sur une base « gagnant-gagnant », soulignant que le 20ème anniversaire de l’accord nécessitait une réévaluation
objective, en phase avec les évolutions géostratégiques actuelles.
Une Algérie incontournable aux portes de l’Europe
Ce revirement rapide de l’UE illustre la prise de conscience de l’importance stratégique de l’Algérie à ses portes. Comme l’a justement rappelé le président Abdelmadjid Tebboune, l’accord actuel a été signé à une époque où l’Algérie était un pays très différent, avec une industrie embryonnaire et des capacités d’exportation limitées. Aujourd’hui, la donne a radicalement changé, l’Algérie étant devenue un acteur économique majeur exportant une gamme variée de produits, de plus en plus populaires sur le marché européen.

Une posture ferme payante
Face aux tentatives rémanentes d’ingérence française, l’Algérie a su tenir une posture ferme et digne, réaffirmant sa souveraineté et son droit légitime à renégocier un accord devenu obsolète. Cette fermeté semble porter ses fruits, les pays européens semblant disposés à revoir l’accord sur des bases équilibrées, loin des diktats unilatéraux prônés par un Bruno Retailleau aux relents rances de l’ère coloniale .

M.M.

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