Les CAC en Algérie : Un espoir face à la montée du cancer

Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes en Algérie, tandis que chez les hommes, le cancer colorectal domine, suivi de ceux de la prostate, des poumons et de la thyroïde. C’est ce qu’a affirmé ce mardi le professeur Asma Karboua, chef du service d’oncologie au CHU Mustapha, lors de son intervention à l’émission L’Invité du jour sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, à l’occasion de la Journée mondiale du cancer. Elle a souligné que l’incidence du cancer connaît une augmentation exponentielle, passant de 9 000 à 14 000 nouveaux cas de cancer du sein par an chez les femmes (souvent jeunes), et atteignant désormais 51 000 nouveaux cas annuels tous cancers confondus.
Les enfants aussi touchés
La spécialiste a déploré que les enfants ne soient pas épargnés par cette maladie, citant en tête des cancers pédiatriques les cancers hématologiques, les leucémies et les tumeurs cérébrales. Elle a rappelé que le cancer, tous types confondus, constitue un fardeau majeur en termes d’incidence, de mortalité et de coût de prise en charge.
Prévention et dépistage : des armes essentielles
Pour faire face à cette augmentation inquiétante, le professeur Karboua a insisté sur l’importance de la prévention primaire, qui consiste à lutter contre les facteurs de risque. Cependant, lorsque la prévention primaire n’est pas possible, elle a appelé à se tourner vers la prévention secondaire, c’est-à-dire le dépistage précoce. « Avec la prévention primaire et le dépistage, on peut traiter la maladie à un stade précoce et à moindre coût », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance de dépister les cancers silencieux comme ceux du poumon ou de la prostate.

Les centres anti-cancer (CAC) : un soulagement partiel
En ce qui concerne la prise en charge, l’Algérie dispose de 20 centres anti-cancer (CAC), qui ont permis de soulager la surcharge du Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d’Alger et de réduire les délais d’attente. Cependant, la spécialiste a regretté que seulement une partie de ces centres soient pleinement opérationnels, appelant à l’ouverture des autres pour améliorer l’accès aux soins. Elle a salué les normes internationales respectées par les CAC en activité, tout en soulignant la nécessité de les doter de nouveaux équipements, tels que des accélérateurs de radiothérapie, pour réduire davantage les délais
d’attente.

Des traitements modernes, mais des défis persistants
Le professeur Karboua a également mis en avant la diversité des traitements disponibles dans les CAC, allant au-delà de la chimiothérapie et de la radiothérapie classiques pour inclure la thérapie ciblée, l’hormonothérapie et, plus récemment, l’immunothérapie. Cependant, elle a rappelé que l’immunothérapie n’est pas adaptée à tous les patients. Elle a salué la décision du président de la République de lever les restrictions sur l’acquisition de médicaments et d’équipements médicaux, tout en appelant à une meilleure coordination entre les différents acteurs de la chaîne de soins, notamment les radio-physiciens, les oncologues et les pharmaciens.

Le rôle crucial de l’éducation et de la sensibilisation
Enfin, la spécialiste a insisté sur l’importance de l’éducation et de la sensibilisation pour améliorer la prise de conscience des patients et du grand public. « L’éducation reste un atout majeur pour la prévention et la détection précoce des cancers », a-t-elle déclaré, appelant à généraliser les campagnes de dépistage pour des cancers comme ceux du côlon ou de l’ovaire. En conclusion, face à l’augmentation alarmante des cas de cancer en Algérie, une approche globale combinant prévention, dépistage précoce, renforcement des infrastructures et sensibilisation du public est essentielle pour relever ce défi de santé publique .
Malik.M.

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