Visa pour responsables algériens: Darmanin veut annuler l’accord de 2013

La récente déclaration du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, reflète une nouvelle escalade dans les tensions déjà vives entre l’Algérie et la France. En exprimant son souhait de mettre fin à l’accord de 2013 permettant aux responsables algériens d’entrer sans visa en France, M. Darmanin adopte un ton provocateur et irrespectueux envers un partenaire historique. Cet accord intergouvernemental, négocié de bonne foi par les deux parties, facilite la circulation des hauts fonctionnaires et diplomates algériens en exemptant ceux munis de passeports officiels de l’obligation de visa. En cherchant à y mettre unilatéralement un terme, le gouvernement français porte atteinte à la souveraineté et à la dignité de l’État algérien. Une telle remise en cause d’un accord bilatéral en vigueur constitue un affront diplomatique inadmissible de la part de Paris. Il est regrettable que la France choisisse d’adopter cette posture belliqueuse à l’égard d’un pays qui a toujours fait preuve d’ouverture et d’hospitalité envers sa diaspora. M. Darmanin s’est d’ailleurs empressé de rassurer les 10% de Français aux racines algériennes, affirmant qu’ils ne seraient pas concernés par ces représailles. Une façon d’admettre que l’Algérie accueille des millions de binationaux français sur son sol, sans jamais les discriminer ni remettre en cause leurs liens avec leur terre d’origine. Les prétextes invoqués par M. Darmanin pour justifier cette décision unilatérale illustrent également une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures algériennes. Évoquer des motifs sécuritaires liés à l’affaire « Doualman » ou instrumentaliser le cas de l’écrivain Boualem Sansal relève d’une immixtion abusive dans la gestion souveraine par l’Algérie de ses ressortissants et de ses citoyens.En réalité, derrière ces prétextes fallacieux, ce sont surtout les intérêts économiques français qui semblent motiver cette énième provocation de Paris. L’Algérie, riche de ses ressources naturelles convoitées et désireuse d’élargir ses partenariats internationaux, dérange vraisemblablement les ambitions néocoloniales encore tenaces au sein d’une certaine élite française. Loin de se laisser intimider par ces manœuvres agressives, l’Algérie réaffirme une fois de plus sa fierté nationale et sa souveraineté pleine et entière. Autoriser ou non l’entrée d’étrangers, même de hauts responsables, sur son territoire relève de sa seule prérogative en tant qu’État libre et indépendant.
En maintenant une attitude digne tout en refusant d’entrer dans un climat de surenchère dommageable, Alger fait preuve d’une maturité que Paris ferait bien d’imiter. Au lieu de céder à de vaines provocations, l’Algérie reste focalisée sur son développement et la défense de ses intérêts légitimes, respectueuse de ses engagements mais déterminée à faire respecter sa souveraineté nationale .

Malik.M.

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