200 milliards pour une guerre: Le piège iranien

L’administration Trump a demandé au Congrès plus de 200 milliards de dollars pour une éventuelle guerre contre l’Iran.
Un montant qui dépasse déjà le coût initial de l’invasion de l’Irak en 2003 et qui laisse peu de doute sur l’ampleur du projet : il ne s’agit pas d’une opération limitée, mais d’une confrontation majeure avec un pays de près de 90 millions d’habitants, doté de capacités militaires solides et situé au cœur d’une région explosive.
Les précédents guerriers américains, Irak, Afghanistan, Vietnam, rappellent pourtant une réalité tenace : les conflits d’occupation et de domination finissent presque toujours en enlisement, en chaos régional et en factures vertigineuses. L’Iran, plus vaste, plus structuré et plus peuplé que l’Irak, ne fera pas exception.
Pourtant, certains responsables à Washington évoquent déjà une simple «excursion», ignorant délibérément les leçons du passé. Sur le terrain, la tension est à son comble autour du détroit d’Ormuz.
Donald Trump a lancé un ultimatum de 48 heures à Téhéran pour «rouvrir» le passage, sous peine de frappes contre ses infrastructures électriques.
La réponse iranienne a été immédiate : si les États-Unis passent à l’acte, l’armée iranienne visera en représailles les installations énergétiques, les réseaux informatiques et les usines de dessalement dans la région.
Téhéran assure pourtant que le détroit reste ouvert aux navires, à l’exception de ceux des «ennemis», et propose même d’assurer la sécurité des traversées, notamment pour le Japon, grand importateur de pétrole.
Au-delà du rapport de force militaire, cette escalade soulève deux questions plus profondes. D’une part, elle s’accompagne aux États-Unis de coupes massives dans les programmes sociaux : santé, retraites, aide alimentaire sont sacrifiées pour gonfler encore un budget militaire déjà à des sommets historiques.
D’autre part, cette guerre contre l’Iran s’inscrit, selon certains responsables américains, dans une stratégie de «remodelage du monde» destinée à s’étendre ensuite à la Chine, une logique de domination systémique aux conséquences incalculables.
Dans ce climat, la Russie a réaffirmé son soutien à l’Iran, Vladimir Poutine saluant l’amitié «loyale et fiable» entre Moscou et Téhéran à l’occasion du Nouvel An iranien.
L’histoire récente montre que les guerres de ce type ne déstabilisent pas seulement les régions qu’elles ravagent ; elles fragilisent aussi les sociétés qui les mènent, creusent les inégalités et alourdissent une dette publique déjà colossale. À force de vouloir «remodeler le monde», on risque surtout de voir s’effondrer les équilibres qu’il reste.
Malik M.