Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, a réagi aux violences qui ont secoué la France samedi dernier, marquées par des commerces saccagés, des mairies incendiées et des policiers
blessés. Il se dit profondément attristé et affirme que rien ne justifie de tels actes, dont les auteurs doivent être jugés avec fermeté et dans le respect du droit. Il s’élève toutefois contre les voix qui désignent les musulmans comme les inspirateurs de ces désordres et recourent à des termes comme «razzias» ou «hordes». Selon lui, le mot «razzia» ne figure ni dans le Coran ni dans la Sunna.
Il rappelle que le Prophète a expressément interdit le pillage et que le Coran condamne ceux qui sèment la corruption sur terre. Celui qui casse et vole, insiste-t-il, agit non pas au nom de l’islam mais contre lui.
Le recteur invoque aussi un principe fondamental de la République, celui de la responsabilité pénale individuelle. Imputer les fautes de quelques-uns à une origine ou à une confession revient, dit-il, à trahir ce principe et à offenser les millions de musulmans de France qui travaillent, soignent, enseignent ou servent sous l’uniforme.
Pour lui, la colère ne se règle pas par la stigmatisation mais par la justice, l’éducation et la fraternité.
Il assure que les imams de la Grande Mosquée de Paris continueront d’appeler chaque vendredi au respect des personnes, des biens et des lois, et formule le vœu que chacun choisisse l’apaisement plutôt que la division.
N. C.
Violences en France : Chems-eddine Hafiz refuse tout amalgame avec les musulmans
