Une nouvelle ère de coopération stratégique après deux ans de pause: Algérie-Espagne : le Traité d’amitié et de bon voisinage réactivé

Deux ans après la suspension du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération qui liait Alger et Madrid depuis 2002, les relations algéro-espagnoles franchissent un cap décisif.
Jeudi, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a officiellement annoncé la réactivation de cet instrument majeur lors d’une audience accordée au ministre des Affaires étrangères espagnol, M. José Manuel Albares.
Une décision qui scelle la volonté commune des deux pays de tourner définitivement la page des tensions et d’inscrire leur partenariat dans une dynamique de confiance renouvelée et d’ambition partagée.
La rencontre, qui s’est déroulée en présence de hauts responsables des deux parties, a permis de dresser un bilan très positif de l’évolution des liens bilatéraux.
« Les relations connaissent actuellement une dynamique remarquable en matière de consolidation et de diversification », souligne le communiqué de la Présidence de la République. Cette dynamique, le chef de l’État a souhaité l’ancrer durablement en remettant en vigueur le traité de 2002, pierre angulaire d’un partenariat stratégique fondé sur la confiance, la solidarité et le respect mutuel.
Pour l’Espagne, l’Algérie n’est pas un partenaire ordinaire. « L’Algérie est un partenaire stratégique et, avant tout, un ami avec lequel nous entretenons des relations humaines et des intérêts communs, notamment en matière d’avenir et de stabilité en Méditerranée et en Afrique », a déclaré M. Albares à l’issue de son audience. Des propos qui résonnent avec force après deux années de mise à l’écart du traité, et qui traduisent une volonté claire de Madrid de placer la relation avec Alger au cœur de sa politique étrangère.
Sur le plan économique, la reprise est déjà impressionnante. Le ministre espagnol a rappelé qu’en 2025, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays avait atteint 8,5 milliards d’euros, avec une hausse spectaculaire des exportations espagnoles vers l’Algérie, qui ont triplé en un an. Plus de cent entreprises espagnoles sont aujourd’hui implantées sur le marché algérien, témoignant de la vitalité retrouvée du tissu économique bilatéral. Cette embellie, saluée par les deux parties, est appelée à s’amplifier grâce à la réactivation du cadre juridique et institutionnel offert par le traité.
La dimension culturelle n’est pas en reste. M. Albares a tenu à souligner l’importance des liens humains et linguistiques, annonçant qu’il se rendrait vendredi à Oran pour inaugurer un nouveau centre Cervantes, symbole du rapprochement entre les deux peuples. Une initiative qui illustre la volonté de construire,
au-delà des intérêts économiques, une relation durable fondée sur la connaissance mutuelle et le partage culturel.
La réactivation du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération intervient ainsi comme l’acte
fondateur d’une nouvelle phase des relations algéro-espagnoles.
Après deux années de suspension qui ont montré à quel point les deux rives de la Méditerranée occidentale sont indissociables, Alger et Madrid choisissent désormais de capitaliser sur leur complémentarité naturelle.
Pour l’Algérie, cette relance conforte son rôle de pôle de stabilité et de partenaire fiable.
Pour l’Espagne, elle assure un ancrage stratégique indispensable avec son premier fournisseur de gaz et un voisin incontournable.
À travers cette décision, le président Tebboune et le gouvernement espagnol envoient un signal fort :
celui d’une relation mature, capable de surmonter les différends pour bâtir ensemble un avenir de
prospérité partagée, de sécurité commune et de coopération renforcée. Une nouvelle page s’ouvre, placée sous le signe de l’ambition et de la confiance retrouvée.
Farid B.