Un régime en décalage avec une population asphyxiée: Mirage économique marocain

Alors que le Makhzen martèle un discours optimiste sur un «nouveau modèle de développement» et des réalisations économiques présentées comme exemplaires, la réalité vécue par les Marocains au quotidien peint un tableau radicalement différent, celui d’une crise profonde et d’un gouffre grandissant entre le pouvoir et le peuple. La situation sociale se détériore à un rythme alarmant. L’Association nationale des diplômés chômeurs du Maroc dresse un constat sans appel : le taux de chômage dépasse les 13%, frappant de plein fouet une jeunesse pourtant diplômée.
Condamnés à l’inactivité, leurs compétences sont gaspillées, et leurs diplômes, «relégués sur des étagères». Cette impasse économique pousse des milliers de jeunes désespérés à risquer leur vie dans des traversées périlleuses vers l’Europe, preuve ultime de l’échec des politiques gouvernementales à leur offrir un avenir dans leur propre pays. Le discours officiel sur la croissance est pulvérisé par la flambée des prix des produits de première nécessité.
En 2025, l’inflation, notamment alimentaire (+3,3%), continue d’étrangler les ménages dont les salaires stagnent. Les citoyens sont contraints de réduire drastiquement leur consommation ou de renoncer à des besoins essentiels. Cette inflation n’est pas une simple statistique ; elle est visible dans tous les marchés et ressentie dans chaque foyer, alimentant un profond sentiment d’injustice et de colère face à un régime qui célèbre des succès illusoires. La racine du mal est une gestion économique désastreuse. Pour financer ses projets, le gouvernement s’est engouffré dans un endettement massif, faisant du Maroc le quatrième pays le plus endetté d’Afrique avec une dette extérieure dépassant les 45 milliards de dollars. Ce qui devait être un levier de développement est devenu un piège mortel : le service de la dette absorbe désormais plus du quart des recettes de l’État (27,5% en 2024), amputant d’autant les budgets alloués
aux secteurs vitaux.
Conséquence directe : l’éducation et la santé sont sinistrées, avec des financements ridicules (0,8% du PIB pour l’enseignement). Dans le même temps, plus de 3,2 millions de Marocains sont tombés dans la pauvreté ou la précarité en trois ans, portant le taux de pauvreté à près de 5% et creusant un abîme entre villes et campagnes. Plutôt que d’écouter la détresse populaire, le régime marocain répond par la répression. Les militants et les voix dissidentes sont poursuivis en justice, une tactique visant à étouffer toute contestation légitime. Face à cette offensive, l’appel à l’unité des forces démocratiques et syndicales pour former un front national contre les «politiques d’appauvrissement» prend tout son sens.
La bataille sociale s’annonce comme la seule issue pour arracher le droit au travail, à une vie digne et à une véritable justice économique. Les chiffres sont têtus et ils contredisent point par point la narrative des «réalisations» vantées par le Makhzen. La fermeture de plus de 50 000 PME depuis 2021, l’explosion de la dette, l’abandon des services publics et la paupérisation massive dessinent les contours d’une crise structurelle profonde.
Le «nouveau modèle de développement » se révèle n’être qu’un leurre, un écran de fumée masquant l’incapacité flagrante d’un gouvernement libéral à gérer l’économie dans l’intérêt de sa population, préférant sacrifier les plus vulnérables sur l’autel de la rentabilité et du maintien d’un système inégalitaire.
Malik M.